Les mineurs ayant volontairement quitté leur domicile familial, leur famille d’accueil ou l’institution dans lesquels ils vivaient sont qualifiés de fugueurs.

La fugue peut , cependant, être une expérience traumatisante aussi bien pour les parents que pour l’enfant fugueur. L’enfant devient un être vulnérable dès qu’il quitte le giron familial ou institutionnel. Son coup de tête peut rapidement se transformer en cauchemar pour lui, car il s’expose à  des rencontres qui peuvent s’avérer dangereuses pour lui: l’alcool, la drogue, le crime, l’exploitation sexuelle, etc.

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Comment réagir?

 

Un adolescent mal dans sa peau claque facilement la porte.
S’enfuir une heure ou une semaine, il ne faut pas négliger ce comportement, reflet d’un malaise plus profond.

2 sur 3 sont des filles

30’000 jeunes

surtout les 14 – 16 ans

L’adolescence est une période au cours de laquelle on découvre que l’on est capable de mettre en pratique ce que l’on a en tête. Dans ce contexte, certains quittent leur domicile sans prévenir et disparaissent pendant plusieurs heures, parfois quelques jours, sans donner de nouvelles. Ils fuguent.

 

Un enfant ne fait pas une fugue sans raison
– L’enfant doit faire face à  de graves conflits familiaux (peut inclure la violence familiale), à un divorce, un remariage ou encore à  un traumatisme (perte d’un proche)

– L’enfant est négligé par ses parents (manque de nourriture, absence des parents), ne se sent pas aimé ou pas soutenu par ses parents

– L’enfant est victime d’abus physique, psychologique ou sexuel

– Les parents ont des problèmes personnels (toxicomanie, problèmes mentaux, alcoolisme…) ou participent à  des activités criminelles

– L’enfant a été placé dans un foyer autre que sa demeure familiale et ne s’y sent pas bien

– L’adolescent a de mauvaises fréquentations, des relations amoureuses malsaines ou des relations virtuelles nuisibles

– L’adolescent a des problèmes personnels que les parents ne (re)connaissent pas (problèmes relationnels, grossesse, échecs scolaires, mobbing, toxicomanie, alcoolisme, ) et souhaite y échapper

Quand ?

Le printemps et l’automne sont les saisons où l’on dénombre le plus de fugues. Ce sont les saisons propices à  la dépression.

Le but :

La fugue intervient bien souvent de façon impulsive et est accompagnée d’agressivité et de provocation. Elle est le reflet d’une souffrance plus ou moins avouée et il faut la considérer comme un véritable appel au secours, une façon de jauger l’amour de ses parents, l’estime dont il bénéficie dans son milieu de vie. Il ne faut pas négliger la survenance de ce fait.

Que faire ?

Lorsqu’un jeune ne rentre pas chez lui et que les heures passent, il faut prendre l’événement au sérieux surtout quand il s’agit d’un jeune habituellement ponctuel et qui semblait être mal dans sa peau les derniers temps.

Les  premières heures de fugue sont cruciales. Vous devez entreprendre immédiatement un certain nombre d’actions :

Avant d’alerter le commissariat, faites le tour de ses camarades, le lycée ou collège, et tous ceux susceptibles de l’avoir croisé.

  • Vérifiez qu’il ne se trouve pas dans un endroit où il se réfugie habituellement lorsqu’il a besoin d’être seul. Si vous ne connaissez pas cet endroit, demandez au camarade qui semble être son meilleur ami ou son confident de vous y accompagner.
  • Vérifiez les effets personnels qu’il aurait pu prendre avec lui et dressez une liste des vêtements dont il pourrait disposer et communiquez-la à  la police. Cela pourrait faciliter les recherches.
  • Si au bout de trois heures, il ne s’est toujours pas manifesté, avertissez la police, en fournissant quelques photos récentes et de bonne qualité, (,vérifiez dans votre appareil  photos si un film est entamé , il pourrait contenir la photo nécessaire…ou sur la page FB de votre enfant), donnez-lui le maximum de renseignements sur les lieux que l’enfant a l’habitude de fréquenter et sur ses habitudes, sur ses besoins en soins médicaux (par exemple s’il doit suivre une thérapie vitale pour lui).

La clé USB de FREDI peut être d’une grande aide dans ces occasions!

Relevons, tout de même, que 80% des fugueurs rejoignent leur foyer dans les 48 heures!

Passé ce délai, songez à  demander la publication d’un avis de recherche à  une organisation comme FREDI. Utilisez, à  cet effet, les documents disponibles sur le site de FREDI si vous choisissez cette ONG. Vous pouvez également préparer des affichettes à  distribuer dans des commerces ou des établissements publics, gares routières ou ferroviaires.

Comment l’accueillir à  son retour ?

 

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Quelle que soit l’inquiétude provoquée par son absence,
il faudra absolument garder son calme et maîtriser ses émotions
pour ne pas aggraver la situation.

Conseils :

  • éviter de le culpabiliser : malgré une attitude parfois rebelle (arrogance, revendication..), ne pas croire qu’il soit fier de son exploit. Au contraire, il se sent coupable d’avoir provoqué ses parents et de les avoir inquiétés. Il faut donc agir avec une grande prudence pour ne pas renforcer sa culpabilité ou son sentiment de ne pas être compris. Il est souhaitable de l’accueillir gentiment, sans dramatiser sans pour autant banaliser son acte. Montrer que son geste ne laisse pas indifférent et engager une discussion pour comprendre les véritables raisons de son geste. Pour être constructif, cet échange doit intervenir assez rapidement et dans le calme, les deux parents présents (si possible). Une fois les esprits apaisés, lui demander quel a été le « détonateur » de sa décision : autorité parentale trop lourde, culpabilité après une mauvaise note, dispute avec le beau-père, vol,.. Le mettre en confiance en lui expliquant qu’il est important pour lui de bien expliquer le pourquoi de son geste pour cette situation ne se reproduise pas.
  •  Laisser parler ses émotions : en exprimant ce que l’on ressent (angoisse, souci, stress, anxiété, tristesse.). Il doit comprendre que chacun est affecté par cet épisode. Expliquer que les reproches qui lui ont été adressés, l’ont été uniquement en raison de l’inquiétude à  son sujet. Devant votre attente, il devrait « baisser sa garde » et aura compris que son absence préoccupait les siens. Ce premier échange est primordial dès son retour car en cas d’échec, il faudra relancer le débat tôt ou tard, car l’adolescent a besoin de parler de ce qui s’est passé.
  • Si la fugue n’est pas due à un problème familial, ne le pressez pas de questions, faites-lui comprendre qu’il peut avoir confiance en vous et qu’il pourra se confier à  vous dès qu’il se sentira prêt à le faire..
  • Consulter un spécialiste en cas de fugue à  répétition : dans ce cas, il s’agit d’un mal-être profond. Le jeune souffre et a besoin d’une aide
  • Si votre enfant a été absent durant une longue période, faites lui faire un contrôle médical complet, y compris un test concernant des maladies sexuellement transmissibles.
  • Le plus important, lorsqu’il revient, c’est de régler les problèmes à  l’origine de la fugue.

Où s’adresser?

En France :  Centre Philippe-Paumelle : 01 40 77 44 00 – Fil santé jeunes : 0 800 235 236 (numéro vert de 08h00 à minuit)

En Belgique SOS jeunes : 02 512 90 20

En Suisse Ciao.ch – 147

Dans chaque région, il existe des organismes spécialisés qui pourront vous aider. La police pourra vous donner les coordonnées. Pour la Suisse, il existe dans chaque canton :

    • un centre psycho-social
    • une brigade des mineurs, à  la police de sûreté
    • un office cantonal des mineurs
    • un service des tutelles et curatelles
    • des psychologues privés ou scolaires
    • un centre de consultation LAVI (Loi fédérale sur l’Aide aux Victimes d’Infractions)
    • autres

 

La prévention par une bonne attitude au quotidien :

L’entrée dans l’adolescence perturbe les relations familiales: la communication entre parents et enfants devient alors difficile. Si difficile que, pour certains jeunes, la seule solution devient la fuite car pour eux, c’est le seul moyen d’expression possible.


Comment préserver les bonnes relations pour ne pas en arriver là  ?

    • Acceptez de ne pas être des parents parfaits. cibles de ses critiques et de son agressivité ? Parfait. Continuez quand même à  vous intéresser à  lui, même s’il semble vous rejeter.
    • Trouvez le juste milieu entre l’autorité excessive et le défaitisme. L’adolescent doit évoluer dans un cadre et respecter certaines règles. Mais les contraintes trop rigides l’étouffent. A l’inverse, s’il voit une forme de renoncement, il l’interprète comme une marque d’indifférence de la part des parents.
    • Privilégiez le dialogue. Admettre les divergences de points de vue et le laisser s’exprimer même s’il se contredit. Parler ensemble de tout et de rien, afin de conserver un lien.
    • Vivre sa vie. Lui montrer que son agressivité ne vous empêche pas de connaître des satisfactions personnelles, dans votre couple comme dans votre vie quotidienne. Et ne pas tolérer les provocations excessives.
    • Parler de la fugue en famille, à  l’école peut dissuader de potentiels fugueurs

Beaucoup de parents, d’enseignants et de décideurs des programmes scolaires pensent que faire de la prévention de la fugue pourrait donner des idées à  certains ados, en mal de vivre, de mettre en œuvre une fugue. Savent-ils, ces gens-là , qu’en Suisse, selon des sources policières, amenées à tenir des statistiques en ce domaine, il y a près de 30’000 fugues annoncées aux différents corps de police par année?

LE CHIFFRE : 50 338

C’est le nombre de mineurs disparus inscrits en 2014 au Fichier des personnes recherchées. Derrière ce chiffre colossal, on compte 49 261 fugues, 455 mineurs enlevés ou détournés par l’un des parents dans le cadre de séparations de couple conflictuelles, et 1077 disparitions inquiétantes. Environ un tiers des fugueurs sont retrouvés dans les premières 48 heures, un tiers au cours du mois suivant leur départ. Pour les autres, on ignore même la cause de leur disparition!

En 2014, plus de 50 000 disparitions d’enfant ont été signalées aux différents corps policiers à travers le Canada.

Un fugueur mineur est en danger de (très) mauvaises rencontres

    • Lui dire qu’on l’aime, mais aussi combien on a besoin de lui.
    • Ne pas le laisser penser que son comportement peur remettre en question l’amour qu’on lui porte.

 

Conseils sur l’attitude à  adopter en présence d’un jeune fugueur et points de vue du Dr Alain Braconnier, psychanaliste.

Extraits du site http://www.droitsenfant.org/focus/enfants-disparus/

Traduction et adaptation du texte anglais par FREDI à  partir du site missingkids.com qui a lui-même, avec l’autorisation de l’auteur, adapté et réimprimé « Just in case…Parental guidelines in case your child might someday be a runaway » Copyright l985,National Center for Missing and Exploited Children (NCMEC)