» missing, abducted, trafficked « 

Cet important symposium international organisé, par Reunite (ONG britannique) les 29-30.11.2001, avec l’aide d’Interpol, avait pour but de faire le point sur la situation en matière d’abus et de violence dont sont victimes les enfants et sur les mesures prises et à prendre contre ce phénomène.

 

120 délégués de 19 pays et de 13 Organisations non gouvernementales (ONG) ont entendu les rapports de différentes sources et ont eu l’occasion de s’exprimer sur différents points liés à cette problématique. L’importante délégation britannique de haut niveau hiérarchique a montré l’importance qu’attache le Royaume Uni au sort de ces enfants.

La Suisse y était représentée par F.R.E.D.I. (ONG), par une collaboratrice de l’Autorité centrale en matière d’enlèvements internationaux d’enfants (Convention de la Haye) et par une collaboratrice de l’Office fédéral de la police.

 

A l’issue de ces journées de travail, on peut tirer les enseignements suivants :

  • Le problème de la disparition des enfants, toutes causes confondues, est beaucoup plus vaste que l’on pense généralement au sein de nos populations. Certes, on s’émeut de l’enlèvement et de l’assassinat d’enfants en Allemagne ou en Belgique, mais chez nous cela ne peut pas se passer !
  • Si les lois et conventions internationales interdisent bien le trafic d’êtres humains, cela se fait encore à une échelle considérable. Les enfants en sont les premières victimes parce que plus vulnérables. Leurs destinations principales : l’esclavage (travail forcé sans salaire et pratiquement sans limite) et prostitution enfantine.
  • L’adoption illégale d’enfant avec l’aide d’avocats d’affaires (30 à 50’000 USD  » la pièce « , avec parfois même la possibilité de choisir les caractéristiques physiques de l’enfant à la commande) recouvre souvent autre chose que l’envie de donner sa chance à un enfant. Non seulement les enfants sont, souvent, arrachés à leur mère mais ils sont, parfois, utilisés comme objets de tous les désirs pervers des  » familles adoptives « .
  • Les hypothèses avancées par la Fondation F.R.E.D.I. au sujet du sort des enfants enlevés et disparus sans laisser de traces ont trouvé des confirmations par les informations reçues du Conseil de l’Europe. Il existerait bel et bien des camps de formation  » professionnelle  » pour ces enfants. Il reste, cependant beaucoup de travail pour les situer et mettre fin à leurs activités.

Le Secrétaire général d’Interpol a mis fin au symposium non sans rappeler l’importance capitale de la coopération entre les forces de police et les ONG, sur la coordination des efforts sur le plan international et sur la nécessité d’alerter l’opinion publique sur l’ampleur et la gravité de la situation.

Concrètement, il en ressort que

  • L’on va vraisemblablement vers la création d’une organisation de coordination de la lutte, une sorte de  » Childpol « , à laquelle les ONG devrait prendre une part active.
  • L’une des demandes de F.R.E.D.I., avoir l’accès à une partie au moins des bases de données d’Interpol sera étudiée et sera vraisemblablement possible à moyen terme.
  • F.R.E.D.I. fera partie des organisations considérées dans la grande chaîne de lutte qui se met en place.
  • F.R.E.D.I. aura un travail de titan à réaliser pour faire bouger l’opinion publique suisse.

F.R.E.D.I. regrette que la Suisse n’aie pas envoyé de représentants de plus haut rang, éventuellement des politiciens, pour leur permettre de prendre conscience de l’urgence du combat.