Extraits d’une conférence publique donnée par la Directrice de  la Fondation FREDI, en 2008,suite à plusieurs journées de formation sur ce sujet, tant à Paris qu’en Allemagne ou en Belgique et motivée par la conviction que ce phénomène, pas toujours reconnu, inflige d’énormes souffrances à l’enfant aliéné et au parent rejeté et comporte d’énormes risques comportementaux chez ceux-ci.

Le Syndrome d’Aliénation Parentale, SAP, en français, PAS en anglais

Quatre critères suffisent pour déceler un processus d’aliénation parentale qui se met en place .
Cette constatation est basée sur une étude américaine de 700 cas de séparations conflictuelles sur 12 ans. (BONE-WALSH, §1 et 24)
·

Obstruction à tout contact (BONE-WALSH, §6 et 7)
La raison la plus souvent invoquée est le fait que l’autre parent est jugé pas capable de s’occuper des enfants et que ceux-ci ne se sentent pas bien lorsqu’ils reviennent de la visite.
Un autre argument est le fait que voir l’autre parent ne convient pas aux enfants et que ceux-ci ont besoin d’un temps d’adaptation.
La visite de l’autre parent est présentée à l’enfant comme une corvée à effectuer, plus embêtante que nécessaire, voire dangereuse et, souvent, un changement dans les plans du parent gardien devient prétexte à annulation du droit de visite.

Détérioration de la relation depuis la séparation
Curieusement, avant la séparation, le parent aliéné était un bon parent…

Réaction de peur chez les enfants
L’enfant peut faire preuve d’une réaction évidente de peur de déplaire ou d’être en désaccord avec le parent aliénant. Si l’enfant exprime une approbation envers le parent absent, il apprendra vite le prix à payer. Il est courant que le parent aliénant menace l’enfant de l’abandonner ou de l’envoyer vivre chez l’autre parent. Le parent aliénant le met sans cesse sous pression pour vérifier son attachement à lui et son rejet du parent aliéné.
Ce processus agit sur l’émotion la plus fondamentale de l’être humain: la peur d’être abandonné.
L’enfant est contraint à devoir choisir entre l’un de ses deux parents, ce qui est en totale opposition avec le développement harmonieux de son bien être émotionnel.

Fausses accusations d’abus
Le parent aliénant utilise les différences d’opinion et de façons de faire pour créer ce qu’on appelle l’abus émotionnel : Il peut faire faire à un enfant une activité qu’il sait que l’autre parent va réprouver. Si l’autre formule sa désapprobation devant l’enfant, il sera accusé d’abus émotionnel. Ou, comme on l’a vu, avec les vêtements achetés par l’autre parent.
Il ne faut pourtant pas oublier que différentes façons d’agir avec un enfant, tant que cela reste dans le respect de celui-ci, est une richesse et une préparation à la vie d’adulte. A l’école secondaire, l’enfant aura bien une dizaine de professeurs différents, chacun avec ses exigences et ses manies, l’enfant devra bien s’y adapter. Or, l’intelligence n’est-elle pas définie comme étant la faculté de s’adapter ?
Mais l’abus le plus grave qui est invoqué est l’abus sexuel, parce qu’actuellement, il est garant d’une rupture de contact, contrairement à l’abus émotionnel. Il apparaît dans la moitié des cas de séparations à problèmes, spécialement si les enfants sont petits et plus manipulables.
Les experts affirment pourtant que le SAP porte des conséquences aussi graves que l’abus sexuel.
·    C’est lors de ces allégations d’abus que les intervenants doivent se montrer compétents et ne pas se contenter de la description que les enfants font de la situation actuelle, sans chercher à savoir de quelle nature était leur relation avant la séparation.
On peut le constater, quel que soit le prétexte invoqué par le parent aliénant, son but est d’exclure l’autre parent de la vie des enfants. Le parent aliénant prétend se placer en protecteur de l’enfant, alors qu’il viole le principe qui veut que chaque parent se doive de favoriser le développement positif de la relation entre les enfants et l’autre parent.

L’article 18 de la Convention des droits de l’enfant, Convention signée par notre pays, stipule :
1.    Les États parties s’emploient de leur mieux à assurer la reconnaissance du principe selon lequel les deux parents ont une responsabilité commune pour ce qui est d’élever l’enfant et d’assurer son développement.

Description du processus
La manipulation se fait très insidieusement : une parole, une remarque qui montre à l’enfant que l’autre parent est plus ceci, moins cela, qui vise à dénigrer l’autre parent, qui, rappelons-le, n’est plus là pour rectifier l’appréciation.

  • D’autant plus insidieusement qu’elle se fait inconsciemment.
  • L’enfant devient une arme de vengeance et devient victime d’une maltraitance psychologique, puisque le parent aliénant pousse l’enfant à haïr son autre parent, celui qu’il voudrait encore aimer. Cet enfant aliéné finira par rejeter tout ce qui tourne autour de la famille du parent aliéné, y compris certains lieux, des options professionnelles ou des hobbies en relation avec la famille du parent aliéné.
  • le parent aliénant peut pousser l’enfant à faire des dénonciations calomnieuses,  comme des révélations sur des attouchements sexuels. Le parent aliénant peut pervertir son enfant pour qu’il tente de compromettre son parent aliéné.

Pour illustrer ce propos, je vous relate un cas réel, qui nous a été rapporté par un père aliéné :
Lors d’un droit de visite, le petit garçon qui dort avec son papa, se glisse sous le drap et s’apprête à lui pratiquer une fellation. Un petit garçon ne fait pas cela spontanément, on doit le lui avoir appris ! Et si le père avait cédé à la sensualité, s’était laissé faire, avait donné suite à cette invitation ?

On le voit, les parents aliénants ne souffrent pas de manque d’imagination pour éloigner le conjoint dont ils ne veulent plus et avec lequel ils veulent absolument couper les liens que l’enfant pourrait souhaiter malgré tout.

Conséquences possibles d’un SAP chez l’enfant
Les troubles psychiatriques caractéristiques d’un tel enfant s’explique par le fait que le modèle principal de l’enfant aura été le parent pathologique, mal adapté et présentant un dysfonctionnement.
Pour survivre, les enfants pris dans un processus de SAP apprennent à manipuler. Ils deviennent experts avant l’âge pour déchiffrer l’environnement émotionnel, pour ne dire qu’une partie de la vérité et finalement, pour s’enliser dans les mensonges et exprimer des fausses émotions.
Des études ont montré qu’une fois adultes, les victimes d’une telle aliénation ont un penchant pour l’alcool, la drogue et présentent d’autres symptômes de mal être profond (FAMILYCOURTS, §19)
Analysons succinctement pourquoi les enfants victimes d’aliénation parentale sont plus en danger de tomber dans des toxicomanies :
Le parent aliénant fait l’impossible pour paraître parfait aux yeux de l’enfant. Devant certaines réalités, difficiles à assumer seul, ce parent aura tendance à compenser plutôt qu’à trouver une solution éducative, pouvant le laisser percevoir comme mauvais. Cela commencera par des douceurs, des jouets, de l’argent. L’enfant obtiendra tout ce qu’il souhaitera, sans connaître la frustration, mais habitué au conflit de loyauté. N’ayant jamais entendu le mot « NON », il ne saura pas non plus utiliser ce mot lorsque des situations le demanderont : Invitation à goûter à la drogue, à l’alcool, à sortir, de plus en plus, à se faire de l’argent facile…

Le sentiment incontrôlable de culpabilité est provoqué par le fait qu’il réalise, une fois adulte, qu’il a été le complice malgré lui d’une grande injustice infligée au parent aliéné (LOWENSTEIN1, §13). Suicide, auto-mutilations, que l’on explique par le besoin de ressentir son corps réellement, après avoir dû tromper ses sentiments si longtemps.

********************

Intervention sur antenne de Paul BENSUSSAN, Psychiatre, concernant le Syndrome d’aliénation parentale

« Le SAP, ce sont des manifestations pathologiques que présentent des enfants dont les parents s’affrontent après une séparation.
Ces enfants sont programmés par un parent (dit « aliénant ») et rejettent l’autre parent (dit « aliéné » au sens de « devenu étranger » pour l’enfant) de par ce processus de destruction.
L’aliénation est ici surtout à prendre dans le sens de « rendre un parent étranger pour un enfant », bien que ce soit aussi à prendre dans le sens d’une folie, un délire.
Le problème est que toutes ces manifestations de signes qui ont été superbement décrits par des psychologues américains sont encore très méconnus en Europe.

Les enfants sont ainsi victimes d’une maltraitance authentique qu’est le SAP : ils voient la réalité, une image en « noir » et « blanc »: il y a un parent perçu comme uniquement bienfaisant et un parent perçu uniquement comme destructeur.

Dans toute la psychiatrie, dans toute l’expertise, c’est vraiment le domaine où les experts et les juges doivent travailler ensemble. Les juges et experts doivent apprendre à reconnaître ces pathologies et les psychologues doivent les aider pour cela.

Il n’y a aucun espoir de résolution « spontanée » dans un problème comme le SAP arrivé à un stade grave, sévère.

Dans ces situations, la prudence s’impose sur l’attitude d’ « écouter la parole de l’enfant », « ne pas le forcer », d’autant que le parent aliénant présente une attitude angélique : « Mais, Monsieur le Juge, je lui dis d’aller voir son autre parent ! Qu’est-ce que vous voulez que je fasse ?!. »

Il serait tout à fait angélique de mettre des psychothérapeutes seuls sur ce genre de situations, l’échec est garanti.

Il faut une intervention de la part de juges qui fassent preuve de courage professionnel, qui vont prendre des solutions avec des prises de risques et qui vont oser poser un diagnostic et en tirer les conséquences. Rien ne se fera de façon angélique. »

********************

Interview écrite du Docteur BENSOUSSAN

Comment définissez-vous le syndrome d’aliénation parentale ? Est-il courant lors des divorces ?

C’est un syndrome vécu par l’enfant qui est induit par l’un des deux parents et qui amène l’enfant à rejeter l’autre parent, à le considérer comme étranger (le mot « aliéné » signifie « étranger »). C’est souvent accompagné de haine, et d’un rejet violent.

Le plus souvent, le parent aliénant est le parent « gardien », mais ça peut arriver que ça soit l’inverse ; c’est plus rare. La caractéristique d’un « SAP » (Syndrome d’Aliénation Parentale) réussi, c’est quand l’enfant n’a plus besoin de paroles insultantes de son père ou de sa mère à l’égard de l’autre, qu’il est capable de penser par lui-même des horreurs sur l’un de ses géniteurs. Par le passé, la tendance était de dire que le parent laissé de côté (aliéné) ne devait pas trop insister pour maintenir le lien, car quand l’enfant grandit, il est naturellement plus facile de renouer le contact. Même si certaines fois, cette stratégie peut être payante, moi je recommande aux parents aliénés de faire tout ce qu’ils peuvent pour garder le lien, même si l’enfant est petit. Il faut qu’ils envoient des signes pour faire comprendre que la communication est toujours possible, que la porte reste ouverte, que si l’enfant revient vers lui il sera accueilli à bras ouverts. Mais en cas d’aliénation bien ancrée, il est rare que les enfants fassent marche arrière.

Comment expliquez-vous que des enfants prennent soudainement et violemment parti contre un de leurs parents ?

Ça se fait, en fait très insidieusement.
Il suffit d’un rien pour qu’une petite parole d’un parent soit très significative pour un enfant ou un adolescent.

Comment dans ces histoires, s’opère la manipulation du parent sur ses enfants ? Peut-on parler de manipulation ?

On peut parler de manipulation mais on n’est pas sûr du caractère volontaire de cette manipulation. Le rejet de l’autre parent n’est parfois qu’un acte inconscient. Les enfants peuvent être contaminés par la haine que leur mère ou père peut avoir pour l’autre. Dans ces histoires de séparation, l’enfant est une arme de vengeance. Il y a même des fois où les enfants sont amenés à faire des dénonciations calomnieuses, comme des révélations sur des attouchements sexuels (cela représente environ 10 % des cas). Et puis, souvent, le parent aliénant s’applique à être parfait. Il montre tous les certificats de bonne conduite, les bulletins scolaires pour justifier qu’à lui seul, il peut être mère et père à la fois. C’est une manière d’alimenter la manipulation.

Est-ce que ce syndrome est comparable à un embrigadement au sein d’une secte ?

C’est totalement ça. En fait, on pourrait se demander quelle est la différence entre un banal conflit et ce syndrome d’aliénation parentale. Il existe deux grosses différences : dans le cas du SAP, l’enfant est totalement sous l’emprise de l’un de ses parents, à tel point qu’il a une vision du monde sectaire : tout est blanc ou noir. Alors que dans un simple conflit, c’est différent, même si l’enfant ne s’entend pas avec l’un de ses parents, il est capable de reconnaître les qualités de celui-ci. Dans un cas du SAP, il ne l’est plus. Ce qui ressemble également à un comportement sectaire c’est le fait que l’enfant ne rejette pas simplement son père ou sa mère mais toute la branche de la famille. Il met de côté toute une partie de lui-même.

Aliénation

« Le mot aliénation dans ce cas n¹a rien à voir avec le terme d¹aliénation mentale. Le mot aliénation est ici utilisé dans son sens premier qui est de « rendre ÉTRANGER. »

  • L’aliénation parentale affectant un enfant peut se définir comme l¹attitude de rejet profond et massif d¹un enfant vis à vis d¹un de ses parents.
  • On parle d¹aliénation parentale quand ce rejet se manifeste alors qu¹il y avait auparavant une bonne relation entre l¹enfant et le parent « rejeté « 
  • Quand ce rejet est massif, sans nuance aucune (au point de nier qu¹il y ait eu une bonne relation précédemment ou de ne pas reconnaître la moindre qualité au parent rejeté).
  • Quand les faits reprochés au parent rejeté sont futiles ou complètement disproportionnés par rapport à l¹intensité du rejet.
  • Souvent le rejet s¹étend à tout ce qui entoure le parent rejeté (famille, amis etc.) avec qui l¹enfant entretenait auparavant de bonnes relations.
  • On distingue trois niveaux d¹aliénation selon l¹intensité , la profondeur, et le degré d¹irréversibilité du rejet. : Aliénation sévère, moyenne ou légère.

Ex  www.separation.be

EMISSION TV FRANCE « CA SE DISCUTE » décembre 2003

********************

Une autre présentation du S.A.P.

Le traumatisme lié au SAP (Syndrome d’Aliénation Parentale (PAS en anglais)

Le traumatisme subi par les enfants du divorce

Psychiatres et psychologues mettent en garde contre les traumatismes de plus en plus fréquents chez les enfants de couples divorcés et volontairement aliénés de l’un des parents par l’autre parent. A long terme, la rupture du contact entre les parents, les enfants, les grands parents et les frères et sœurs aboutit, dans un nombre croissant de familles confrontées à un divorce, à une « douloureuse aliénation », a déclaré le psychiatre Wilfried von Boch-Galhau.

L’expert s’est exprimé en ces termes à l’occasion d’une conférence qui a eu lieu à Francfort, le 18 Octobre 2002, sur le thème du syndrome d’aliénation parentale, en abrégé PAS, (Parental Alienation Syndrome ou SAP en français).

L’expérience des psychologues montre que cette aliénation volontaire ne se limite pas, pour le parent qui élève l’enfant, à le soustraire physiquement à l’ancien partenaire et à empêcher tout contact. La rupture de contact s’accompagnerait souvent d’une forte pression visant à discréditer le parent victime. Bien souvent, les enfants dont le parent, pour lequel ils éprouvaient, avant, de l’amour, est diabolisé sans raison, se retranchent alors dans un rejet total du parent victime. Une telle maltraitance psychique suscite un traumatisme qui se poursuit à l’âge adulte, souligne Boch-Galhau. Les conséquences psychologiques sont comparables à celles que causent les abus sexuels.

En Allemagne, en dépit du progrès que constitue la réforme du droit de l’enfant, selon les experts, on manque, dans de ce pays, de méthodes efficaces pour appréhender ce phénomène. Les quelques 300 professionnels de l’ensemble des secteurs intervenant en matière de divorce – notamment des juges aux affaires familiales, des médecins, des travailleurs sociaux du Jugendamt et des curateurs – « en appellent aux responsables de l’Etat pour en tirer clairement les conséquences qui s’imposent dans l’intérêt des enfants ».
En cas de tentative, par l’un des parents, d’utiliser l’enfant comme instrument (de vengeance), les services sociaux et les juridictions familiales doivent prendre immédiatement les mesures nécessaires.

Communiqué de l’Agence Allemande de Presse (DPA) du 21.10.2002

Traduction Françoise Dubord Francfort (DPA)

F.R.E.D.I. vous conseille la lecture de cet article:

http://www.crop.ch/images/coordination/pdf/alienation/20020930_Synapse.pdf