Enfant victime de maltraitance physique et / ou sexuelle

Premier dévoilement: Evitez la précipitation tout en songeant à faire cesser la commission des faits.

Quelques bonnes réactions:

  • félicitez et remerciez l’enfant d’avoir franchi le mur du silence,
  • assurez le de votre soutien et précisez que vous allez entreprendre les démarches adéquates, mais surtout
  • ne le condamnez pas pour ce qui a pu arriver.
  • Accompagnez tant physiquement que psychologiquement l’enfant dans la démarche, que celle-ci soit judiciaire et/ou thérapeutique.
  • Préconisez alors le discours spontané libre et non dirigé, en respectant le rythme de l’enfant et son souhait de communiquer ou non certains éléments.
  • Retenez avec précision, voire notez, les mots utilisés par l’enfant ainsi que les circonstances qui ont permis le dévoilement.
  • Conservez toute trace matérielle éventuelle en vue d’optimaliser l’enquête judiciaire , cas échéant

 

Quelques réactions à éviter:

 

  • Évitez les ‘interrogatoires’ successifs de l’enfant par instituteur, médecin de famille, gynécologue, beaux-parents… Plus l’enfant sera interrogé, plus il aura le sentiment de ne pas être cru et donc sera susceptible de modifier le contenu de son récit ce qui le rendra alors moins crédible.
  • Évitez, dans le chef de l’adulte, une attitude culpabilisante par des paroles ou comportement à l’égard de l’enfant victime. Si l’enfant veut communiquer, évitez les questions suggestives qui sont de nature à contaminer son récit.
  • Évitez les questions introduites par « pourquoi » car cela induit la notion de justification et donc, peut-être, de culpabilité. Même si cela ne semble pas évident, évitez, dans le chef de l’adulte de communiquer à l’enfant vos craintes, vos émotions et vos angoisses, auquel cas, ceci sera sans conteste, une source de victimisation secondaire qui influencera dans une certaine mesure l’enquête judiciaire éventuelle et l’équilibre psychologique de l’enfant.
  • Lors de la dénonciation à l’autorité judiciaire, il est à proscrire que l’enfant soit présent afin que celui-ci ne modifie pas son récit en fonction de ce qu’il entend. En effet, le vocabulaire de l’adulte ne sera pas nécessairement une reproduction fidèle des termes qui auront été utilisés initialement par l’enfant.
  • A proscrire, la prise de contact et/ou la confrontation victime/auteur présumé en vue de satisfaire, dans le chef du(des) parent(s), le besoin légitime de ‘vérité’ immédiate. 

 

A qui s’adresser et quand?

Dénoncez les faits le plus rapidement possible à une instance officielle compétente, que ce soit du monde judiciaire et/ou du secteur psycho-médico-social, telle que: les services SOS-enfants, les autres services d’aide officiels (polices, LAVI, service des urgences.. pour la Suisse).

Pensez à vous-même: Bien souvent, l’enfant n’est pas la seule victime. Vous, parents qui recevez la parole de votre enfant, risquez également d’être, dans une certaine mesure, victime de la situation. Aussi, n’hésitez pas à contacter, pour vous-mêmes, des personnes ressources qui seront à même de vous soutenir, vous conseiller et vous écouter.

Texte rédigé par l’inspecteur principal René STORMACQ police fédérale – service presse et public relations 2001© police belge