En
Belgique
Pour
les enfants disparus et leur famille
L’énergie du désespoir
mardi 25 mai 2004.
* Déclaration d’intention
* Pourquoi nous sommes-nous mobilisés ?
Ce
texte est d’abord dédié aux enfants
disparus et oubliés. Enfants de la rue ou mineurs
sans papiers, tombés au fil de leurs errances : tombés
du train d’atterrissage d’un Airbus, assassinés
dans un caniveau, vendus pour leurs organes, pour la prostitution
ou pour l’esclavage au travail ; enfants orphelins
des génocides, enfants-soldats qu’on envoie
mourir en première ligne sur les mines... et tant
d’autres encore !
Ce
texte vous est aussi dédié, à vous,
les cousins de ces radicalement oubliés : enfants
des pauvres qu’aucun Etat Civil n’enregistrera
jamais dans le Tiers-Monde et qui mourront avant trois ans
de leur malnutrition ; enfants enlevés brutalement
à un parent aimant et déplacés dans
des pays lointains au nom de l’orgueil ou de la religion
de l’autre parent ; enfants victimes des infanticides,
actes de misère et de désespoir bien plus
souvent que meurtres cruels et gratuits !
Et
bien sûr nous pensons aussi à vous toutes et
tous, que vos familles cherchent désespérément.
Vous, qu’on ne retrouve pas depuis si longtemps et
qu’on ne retrouvera peut-être jamais ; vous,
qui avez été enlevés pour des raisons
criminelles ou arrachés à vos proches au nom
de la vengeance ou de l’intimidation politique ; vous
aussi, les fugueurs qui ne donnerez plus jamais signe de
vie, peut-être parce que votre cœur s’est
endurci et ne fait pas de place au pardon, ou qu’un
accident vous a emportés, ou que vous vous êtes
laissé brûler l’âme dans dieu sait
quel sombre secte ou réseau... ; vous enfin, les
quelques désespérés dont on n’ose
pas imaginer l’intensité de la souffrance,
qui êtes allés vous suicider et vous anéantir
au fin fond d’une nature à laquelle vous demandez
d’engloutir tout ce que vous avez été.
Vous
avez tous beaucoup souffert, c’est sûr, d’une
manière ou d’une autre, comme jamais ne devrait
souffrir aucun être vivant.
Permettez-nous
aussi de tourner notre pensée vers vos parents et
vos familles, qui, à travers votre disparition, ont
fait une des expériences les plus effroyables qui
soit. Ils ont d’abord éprouvé la douleur
de voir brutalement voler en éclats leur désir
d’un parentage positif, si fondamental chez tant d’adultes,
ce désir de vivre et de réussir du lien affectif,
de transmettre quelque chose d’eux-mêmes dans
un contexte d’amour et de protection.
Pour
ces familles, il y a l’angoisse, perpétuelle
et taraudante : notre enfant est-il encore en vie ? Souffre-t-il
? Est-il violé, torturé ou laissé dans
le noir et le froid ? Se trouve-t-il inconscient, la jambe
cassée, sans pouvoir appeler, au fond d’une
crevasse ? Que pense-t-il en ce moment ? Sait-il toujours
bien qu’on l’aime ? Le retrouverons-nous ? Le
retrouverons-nous vivant ou mort ? Recevrons-nous ne serait-ce
qu’un signe, une trace sur laquelle nous pourrions
commencer à bâtir notre deuil, comme le prénom
de Julie, que la petite fille a gravé sur le mur
de sa geôle et que son grand-père voulut aller
toucher ?
Il
y a aussi l’intelligence qui rumine, qui cherche inlassablement
et intensément des réponses à d’innombrables
questions : pourquoi ? Comment ? A-t-on bien exploré
toutes les pistes ? Et si jamais... ? Et cet incident, quinze
jours avant, il voulait peut-être dire quelque chose
qu’on n’a pas compris ? ... ? ... ?
Et
il y a la culpabilité, le plus souvent sans fondement
objectif ! Cette difficulté intérieure, ici
cruellement exacerbée par les circonstances, à
accepter que l’on n’ait pas été
- que l’on ne pourrait pas avoir été
! - un parent parfait : « Je n’ai pas été
assez gentil avec elle ce jour-là... », «
Je n’ai pas été assez gentil en général...
», « J’ai manqué de surveillance...
», « J’ai été impuissant
à empêcher le désastre... ». Eh
non, nous ne serons jamais des parents parfaitement protecteurs,
et ce qui est arrivé aux enfants et adolescents belges
dont les prénoms sont inscrits en lettres de feu
dans tant de mémoires depuis 1995 aurait pu arriver
dans n’importe quelle famille... Plus encore, cela
fait partie intégrante du rôle de parent, pour
aider son enfant à grandir et à s’épanouir,
de pouvoir lâcher prise de temps en temps, de prendre
des petits risques, de surmonter ses craintes et ses fantasmes,
comme le fit à raison la maman de Mélissa
en laissant partir les deux petites faire un bout de promenade
ce jour-là...
Parfois
encore s’ajoutent la honte et la rage : honte d’être
soupçonnés à tort par des autorités
policières ou judiciaires, qu’elles soient
compétentes et travaillant sur tous les possibles,
ou tristement incompétentes... Et rage, parce que
l’on sait bien, d’une connaissance intérieure,
que son propre enfant n’aurait jamais pu faire une
fugue, ni à huit ans, ni à dix-sept, et que
des enquêteurs têtus s’obstinent à
privilégier cette piste confortable... Colère
et rage envers l’aveuglement, la rigidité ou
l’inhumanité des institutions...
Puis
vient le temps du désespoir, parce que la société
limite de plus en plus les moyens qu’elle investit
dans la recherche des petits disparus et parce que soi-même,
sans se l’avouer, on ne sait plus très bien
quelle idée sera la moins insupportable : celle de
la mort, celle d’un mythique retour ou celle de la
disparition à tout jamais...
Et
enfin pour certains, papas et mamans de Liam, d’Elizabeth,
d’Estelle et de tant d’autres que l’on
ne peut énumérer ici, le temps continue à
s’écouler dans un silence glacé... On
se sent presque indécent de parler de votre douleur
toujours aussi vive. Oui, Madame Bouzet, le corps d’Elizabeth
est très probablement retourné dons le cycle
de la vie biologique, et c’est dans la nature vierge
du Grand Nord canadien que vous serez le plus en communion
avec votre fille... Puisse votre grande fille, avec tous
ces autres que nous évoquions plus haut, vivre dans
votre cœur pour toujours, dans le cœur de tous
les parents d’enfants disparus, et de tous ceux qui
ont une âme de parents !
Notre
aventure humaine restera longtemps encore marquée
par l’inachevé, l’incertitude et le mal...
Rien n’est jamais acquis à l’homme, ni
sa force, ni sa faiblesse, ni son cœur...et quand il
croit ouvrir ses bras son ombre est celle d’une croix...
et quand il veut serrer son bonheur il le broie, sa vie
est un étrange et douloureux divorce..., écrit
le poète ! Donnons-nous au moins comme exigence individuelle
de faire de nos enfants des êtres lucides et forts,
confiants dans leurs potentialités et capables de
se protéger au mieux, et comme exigence collective
d’amener les institutions sociales chargées
de notre protection à s’engager, avec générosité
et compétence, au service de la communauté
!
Pourquoi
nous sommes-nous mobilisés ?
Adapté du texte d’Alain TONDEUR prononcé
le 17 août 2003 à Sars-la-Buissière
dimanche 21 décembre 2003.
Il
y a quelque chose d’humain qui nous rassemble et qui
est la foi en l’être humain, la foi dans la
solidarité humaine. Cela nous rassemble tous, que
nous soyons musulmans, catholiques, protestants, juifs,
tout ce que vous voulez, agnostiques ou athée.
Il
n’y a que dans la franchise que l’on peut faire
quelque chose de valable ensemble.
Si,
il y a quelques années, plus de 350.000 personnes
sont descendues dans la rue, s’il y a eu cette mobilisation
sociale extraordinaire, c’est que quelque part, l’affaire
Dutroux, ou plutôt l’affaire « Julie et
Mélissa », a été la goutte d’eau
qui a fait déborder le vase de l’inhumain dans
notre société.
Ce
vase qui était plein et qui craquait de partout.
Ce n’est pas seulement un crime horrible contre des
enfants, il y a ça bien sûr, il y a d’abord
ça. Il faut commencer par le condamner, et on ne
le condamne jamais assez. Mais tous les jours des crimes
horribles contre des enfants sont commis, dans tous les
pays du monde, malheureusement, mais ils ne provoquent pas
une mobilisation comme on a connu en Belgique cette année-là.
Ces crimes horribles ne font pas descendre 350.000 personnes
dans la rue pour une manifestation. Ils ne font pas arrêter
les usines, ils ne poussent des ouvriers à la chaîne
à débrayer pour aller assiéger un palais
de Justice. Ils ne poussent pas des citoyens, qui n’ont
jamais exercé leur citoyenneté, d’aller
jusque là et dire : « On va créer un
comité de quartier et on fait aussi une marche blanche
chez nous. »
Ce
jour-là, il s’est passé quelque chose
de spécial. Ce qui s’est passé de spécial,
c’est que l’affaire, le crime, est entré
en résonance avec toute une série de révoltes
latentes contre des injustices bien perceptibles sur tous
les terrains. Et à mon avis, l’élément
clé de cette résonance, c’est que Dutroux
ne voulait pas agrandir sa famille. Nous sommes tous d’accord
là-dessus. Dutroux voulait faire du commerce. Il
voulait lancer un réseau d’exploitation d’enfants.
Pas de "pédophilie", comme Gaston SCHOONBROODT
le dit, mais du crime, de l’abus sexuel des enfants.
Il voulait faire de l’argent et c’est cette
marchandisation immonde des enfants, qui est le lien avec
toutes les autres injustices que l’on vit dans cette
société. Une société qui est
gouvernée par l’argent, par la marchandise.
Nous sommes des marchandises. On nous emploie ou on ne nous
emploie plus. Quand on n’a plus besoin de nous, on
nous jette comme des kleenex, et on nous accorde le droit
à la misère du chômage, du CPAS comme
l’a dit Freddy Boucher (de l’association «
Droit devant »).
Et
si on se révolte, on risque un procès comme
ceux de Clabecq.
Ça
c’est la réalité de cette société
dans laquelle nous vivons. C’est contre cela, je crois,
que 350.000 personnes sont descendues dans la rue.
Evidemment,
si on les avait interviewées à ce moment-là,
elles n’auraient peut-être pas répondu
cela. Mais c’est comme cela que nous l’interprétons
et nous croyons que cette interprétation est juste.
Cette
mobilisation-là a fait peur. Elle a foutu, pardonnez
nous l’expression , une pétoche incroyable
au pouvoir, à tous les niveaux de pouvoirs : au pouvoir
judiciaire, au pouvoir de la gendarmerie, au pouvoir politique,
au pouvoir économique. Tous, ils ont eu peur.
Un
exemple. Il y a un journal que vous connaissez, au moins
de nom, et qui s’appelle « le Monde ».
Ce n’est pas spécialement un tabloïd à
sensation. Or, Le Monde écrivait la veille de la
Marche Blanche : « La Belgique connaît une situation
pré-insurrectionnelle. »
Il
n’y a pas eu d’insurrection, personne n’a
mis Bruxelles à feu et à sang ou envahi le
palais de Justice. Tout comme un baromètre indique
la pression atmosphérique, un thermomètre
la température, cette « Marche blanche »
à été le révélateur de
la peur dans les milieux dirigeants. Et ils ont tout fait
pour résorber tout ça. La peur c’était
quoi ? La peur c’était que la société,
les gens normaux, comme vous et moi, les 350.000 qui étaient
dans la rue et les autres, perdent complètement confiance
dans les institutions et cherchent une autre voie par eux-mêmes.
Ils avaient peur d’une rupture de la confiance dans
le système. Et ils ont tout fait pour résorber
ça. Comment ?
On a organisé une petite séance au palais
royal, avec sa majesté le Roi Albert II, ensuite
on a mis sur pied la Commission d’enquête parlementaire
(dont le résultat est pourtant contradictoire). Cela
permettait aux gens de voir comment cela se passe et en
même temps on organisait cette tentative de récupération.
Puis
on a saucissonné le dossier. Par après, on
est passé à la contre-attaque en faisant un
procès contre Carine RUSSO.
Enfin
on a fait traîner l’affaire en longueur, sept
années pour en arriver-là. Maintenant ils
se disent : « La bête est morte, c’est
refroidi, on ne risque plus rien, et les carottes des condamnations
sont pratiquement cuites. » Nous avons analysé
avec Guy Poncelet ce que risquent les accusés. Bon,
c’est bien ficelé.
Il
nous reste, à nous citoyens, à prouver que
ce n’est pas si bien ficelé qu’on ne
le dit.
Nous
croyons que c’est possible, parce que les braises
de l’injustice sont toujours là sous-jacentes
dans cette société. Fondamentalement, ils
n’ont rien changé, ils n’ont rien résolu,
ils n’ont rien amélioré. Ce n’est
pas devenu plus démocratique, plus citoyen, plus
social ou plus transparent. C’est toujours le même
mépris des victimes qui continue et donc il y a toujours
moyen de faire quelque chose. Comment ? Comment ? Là
c’est le débat sur la tactique ou sur la stratégie.
Nous pensons que c’est tellement gros d’avoir
saucissonné ce dossier ! C’est tellement gros,
ces chefs d’accusation taillés sur mesure pour
que les têtes de turc paient cher !
Dutroux payera cher, c’est clair, mais en même
temps on fait tout pour que cela n’aille pas plus
loin, pour que cela ne résonne plus dans la société.
Face à une telle manipulation, nous pensons que c’est
la stratégie de la rupture qui est la plus adéquate.
Rupture pas pour rester chez soi, ça, alors, il vaut
mieux participer au procès. Mais rupture dans le
sens de contrôler, contester, s’organiser, diffuser
une contre information, se mobiliser sur les marches du
palais de Justice et montrer que la lutte contre ce système,
sa magistrature, son économie injuste, est une lutte
qui nous mobilise et nous révolte toujours.
Alain TONDEUR.
http://www.observatoirecitoyen.be/article.php3?id_article=318
En
France
Ministère
de la Justice
Ministère de la Famille et de l’Enfance
Paris, le 21 mai 2004
COMMUNIQUE
DE PRESSE
Dominique
PERBEN, Garde des Sceaux, Ministre de la Justice
et
Marie-Josée ROIG, Ministre de la Famille et de l’Enfance
signeront
une convention « SOS Enfants Disparus » à
la Chancellerie
le mardi
25 mai 2004 à 10 heures.
A
l’occasion de la Journée internationale des
Enfants Disparus, une convention de partenariat sera signée
à la Chancellerie entre Dominique PERBEN, Garde des
Sceaux, Ministre de la Justice, Marie-Josée ROIG,
Ministre de la Famille et de l’Enfance, Anne-Aymone
GISCARD d’ESTAING, Présidente-fondatrice de
la Fondation pour l’Enfance, et Jacques CALMETTES,
Président de l’INAVEM (Institut national d’aide
aux victimes et de médiation).
Cette
convention officialise la création d’un numéro
de téléphone Azur destiné à
soutenir les familles des enfants disparus.
Programme
Lieu
: Ministère de la Justice – Salle Peyronnet
10h 00 Allocutions : - M. Dominique PERBEN,
- Mme Marie-Josée ROIG,
- Mme Anne-Aymone GISCARD d’ESTAING,
- M. Jacques CALMETTES
10h 30 Signature de la convention ;
10h 35 Allocution de M. Alain BOULAY, Président de
l’APEV ;
10h 40 Visionnage d’un clip de 30’ sur la Journée
internationale des Enfants Disparus ;
10h 45 Allocution de Mme GOURGUE, Présidente de la
Mouette
10h 50
Rencontre avec la presse
Contact
presse
Cabinet
de Dominique PERBEN
Isabelle
IVANOFF, Conseiller pour la communication
Arnaud LEBLIN, Conseiller technique pour les relations avec
la presse
Tél : 01 44 77 22 02
Cabinet
de Marie-Josée ROIG
Pia
DAIX, Conseillère pour la Communication
Tél : 06 80 01 05 06
Mathieu MONNET, Chargé de mission pour la presse
Tél : 06 07 65 14 53
Ex:
http://www.justice.gouv.fr/presse/com210504.htm
La
Journée des enfants disparus surtout marquée
par l'affaire Estelle
PARIS, 25 mai 2004 (AFP),
le 25-05-2004
La
journée internationale des enfants disparus a été
marquée mardi par l'affaire de la petite Estelle,
avec, hasard du calendrier, l'interpellation d'un suspect
et de son entourage, et un rassemblement dans la soirée
à Paris en mémoire de la jeune disparue.
Côté
gouvernemental, le garde des Sceaux Dominique Perben et
la ministre de la Famille et de l'Enfance Marie-Josée
Roig ont, comme prévu, lancé le numéro
Azur d'aide aux parents d'enfants disparus.
Cette
permanence téléphonique (au 0 810 012 014),
opérationnelle au 1er octobre, sera chargée
de donner des conseils aux familles confrontées à
une disparition, de les aider dans leurs démarches
et de leur donner des informations sur l'état des
recherches concernant leurs enfants.
"Chaque
année ce sont quelque 36.000 mineurs qui sont signalés
disparus. La très grande majorité des cas
se résolvent en quelques jours mais pour toutes les
familles c'est une souffrance insupportable", a déclaré
le ministre de la Justice lors d'une conférence de
presse.
Dans
la plupart des cas, les disparitions de mineurs correspondent
à des fugues, le plus souvent très courtes:
34.161 recensées en 2003, contre 651 disparitions
inquiétantes de mineurs susceptibles d'avoir été
victimes de crimes ou délits, selon les chiffres
de la police.
La
secrétaire d'Etat aux Droits des victimes Nicole
Guedj et la ministre de la Famille Marie-Josée Roig,
rejoints par leur collègue de l'Economie et des Finances
Nicolas Sarkozy, ont participé à un rassemblement
au Champ de Mars à Paris à la mémoire
des enfants disparus.
Des
bougies ont été allumées, une chorale
d'enfants a chanté et des lettres ont été
lues, écrites par des camarades d'Estelle Mouzin,
disparue en janvier 2003 à 9 ans alors qu'elle était
sur le chemin de l'école à Guermantes (Seine-et-Marne).
Lundi
et mardi, dans le cadre de l'enquête sur cette disparition,
un homme de 28 ans (BIEN 28) a été interpellé,
ainsi que six personnes de son entourage, une tante, quatre
amis et sa petite amie. Jusqu'en juin, il résidait
à Guermantes mais a déménagé
dans l'Oise quelques jours après la diffusion d'un
portrait-robot.
"C'est
une piste qu'il fallait vérifier mais il n'y a pas
d'élément tangible pour l'instant contre lui",
a toutefois précisé une source judiciaire.
Le
télescopage entre cette arrestation et la journée
internationale des enfants disparus a en outre suscité
l'agacement d'Eric Mouzin, le père d'Estelle.
"Le
SRPJ nous avait informés que cette personne faisait
l'objet d'attention et je trouve indécent le fait
qu'il ait été procédé à
cette interpellation aujourd'hui", a-t-il déclaré
sur RTL. "Cela aurait pu être fait n'importe
quand avant, ça m'étonnerait qu'il y ait eu
des éléments nouveaux qui justifiaient que
cette action se déroule aujourd'hui".
Après
le numéro ouvert aux parents, les associations, parties
prenantes dans la permanence mise en place, réclament
désormais un numéro Vert ouvert aux enfants
fugueurs. "Il faut que de manière totalement
anonyme et gratuite ils puissent avoir accès à
des adultes qui les orientent pour rentrer chez eux. Cela
existe en Angleterre où ça marche très
bien", plaide Alain Boulay, président de
l'association d'Aide aux parents d'enfants victimes (APEV).
©
AFP.
Ex
http://actu.voila.fr/Article/article_actu_france_040525204931.0oh6xd8n.html
651
disparitions inquiétantes de mineurs l'an passé
"Ce genre d'événement ( Cette Journée
consacrée au souvenir des enfants disparus) est pour
nous fondamental. Il faut faire du bruit autour
du phénomène des disparitions d'enfants car
comme par hasard, dès que l'on descend dans la rue
il y a des annonces qui suivent", commente
Eric Mouzin, le père de Estelle, la fillette de 9
ans disparue le 9 janvier 2003 au retour de l'école
à Guermantes (Seine-et-Marne).
Justement,
aujourd'hui et hier, ont eu lieu une série d'interpellations.
Un homme âgé de 34 ans et six personnes de
son entourage ont été arrêtés
dans le cadre de l'enquête sur la disparition d'Estelle.
L'homme de 34 ans, dont l'identité n'a pas été
révélée, a été interpellé
hier dans l'Oise, pour être entendu par la police
judiciaire de Versailles, chargée de l'enquête.
Il n'est qu'une cible parmi d'autres, selon un enquêteur.
Sa petite amie, une tante et quatre de ses amis ont été
interpellés ce matin en région parisienne
pour être entendus au sujet de ses déclarations.
L'association
Estelle a appelé à se mobiliser aujourd'hui
à l'occasion de la journée internationale
des enfants disparus. Via son site internet, l’association
propose ainsi à tout un chacun de relayer le rassemblement
parisien dans sa ville.
Très
souvent des fugues. Dans la plupart des cas, les
disparitions de mineurs correspondent à des fugues,
le plus souvent très courtes : 34.161 recensées
en 2003, contre 651 disparitions inquiétantes
de mineurs susceptibles d'avoir été victimes
de crimes ou délits, selon les chiffres de la police.
« Un quart des fugues dure moins d'une journée
et dans 33% des cas les mineurs sont revenus dans les deux
jours. Dans deux tiers des cas, ils sont rentrés
dans le mois », commente le commissaire David Douguet,
chef de l'Office central chargé des disparitions
inquiétantes de personnes. Si dans leur grande majorité
les fugueurs sont plutôt des adolescents (70% ont
plus de 15 ans), certains sont parfois très jeunes
et leur disparition constitue un traumatisme terrible pour
les familles, conscientes qu'ils encourent parfois de grands
dangers.
Une
nouvelle assistance téléphonique.
C’est justement pour aider et guider les familles
que va être annoncé ce matin un numéro
Azur (prix d'un appel local). En
appelant ce numéro, les familles joindront un centre
d'accueil spécialisé qui leur fournira les
renseignements sur les premières démarches
en cas de disparition de leur enfant ainsi qu'une aide psychologique.
Ce numéro résulte d'une convention entre les
ministères de la Justice, de la Famille et de l'Enfance,
de la Fondation pour l'Enfance et de l'Inavem (Institut
national d'aide aux victimes et de médiation). Il
était réclamé par de nombreuses associations
d'aide aux familles pour accélérer la mise
en place des recherches. En janvier dernier, lors de la
remise d'un rapport sur le sujet aux ministres de la Justice
et de la Famille, les associations avaient réclamé
"un plan Orsec" qui permette une mobilisation
générale des secours, des médias, des
voisins, dès le signalement de la disparition.
Beaucoup
attendent maintenant un numéro Vert ouvert aux enfants
fugueurs comme cela
existe en Angleterre. Child Helpline)
©
www.estelle-mouzin.com
En
Suisse,
l'appel à la solidarité a été
bien suivi: Vers 22.00heures, de petites lumières
rouges brillaient un peu partout dans le canton de Fribourg,
siège de la Fondation FREDI.
La
cérémonie, digne et émouvante, au pied
de la Tour de Montagny, s'est déroulée dans
une atmosphère presque intime, puisque le principal
journal francophone du canton avait oublié de mentionner
la cérémonie de recueillement prévue
le soir du 25 mai!
Le
choeur d'enfants de Montagny a ouvert la partie officielle,
après l'allocution d'un représentant des Autorités
locales.La vice-présidente de la Fondation a esquissé
brièvement quelques situations de disparitions d'enfants
et a fait appel à chaque parent pour qu'il s'informe
et informe ses enfants sur les mesures élémentaires
à observer pour limiter les risques d'enlèvements
et d'agressions.
L'essentiel
de la soirée était une soirée du souvenir
pour les enfants disparus sans laisser de traces et pour
leurs familles: Poème à l'intention de ces
jeunes êtres volés, violés, meurtris,
morceaux choisis de musique classique, dont le *Remember*
de Purcell, puis allumage des lumignons à 21.20heures
et leur dépôt au pied du mur, durant un solo
de violon.
Chaque
participant à la cérémonie du souvenir
a pû emporter quelques notices de prévention,
préparées à son intention par la Fondation
FREDI.
Le
surlendemain, le journal local, qui avait déjà
oublié de mentionner la manifestation, publiait un
article si peu professionnel, qu'il n'a pas été
jugé digne d'être publié ici