Dernière mise à jour : 27/05/2004

 

Echos de la Journée Internationale des Enfants Disparus, le 25 mai

 

En Belgique

Pour les enfants disparus et leur famille
L’énergie du désespoir
mardi 25 mai 2004.


* Déclaration d’intention
* Pourquoi nous sommes-nous mobilisés ?

Ce texte est d’abord dédié aux enfants disparus et oubliés. Enfants de la rue ou mineurs sans papiers, tombés au fil de leurs errances : tombés du train d’atterrissage d’un Airbus, assassinés dans un caniveau, vendus pour leurs organes, pour la prostitution ou pour l’esclavage au travail ; enfants orphelins des génocides, enfants-soldats qu’on envoie mourir en première ligne sur les mines... et tant d’autres encore !

Ce texte vous est aussi dédié, à vous, les cousins de ces radicalement oubliés : enfants des pauvres qu’aucun Etat Civil n’enregistrera jamais dans le Tiers-Monde et qui mourront avant trois ans de leur malnutrition ; enfants enlevés brutalement à un parent aimant et déplacés dans des pays lointains au nom de l’orgueil ou de la religion de l’autre parent ; enfants victimes des infanticides, actes de misère et de désespoir bien plus souvent que meurtres cruels et gratuits !

Et bien sûr nous pensons aussi à vous toutes et tous, que vos familles cherchent désespérément. Vous, qu’on ne retrouve pas depuis si longtemps et qu’on ne retrouvera peut-être jamais ; vous, qui avez été enlevés pour des raisons criminelles ou arrachés à vos proches au nom de la vengeance ou de l’intimidation politique ; vous aussi, les fugueurs qui ne donnerez plus jamais signe de vie, peut-être parce que votre cœur s’est endurci et ne fait pas de place au pardon, ou qu’un accident vous a emportés, ou que vous vous êtes laissé brûler l’âme dans dieu sait quel sombre secte ou réseau... ; vous enfin, les quelques désespérés dont on n’ose pas imaginer l’intensité de la souffrance, qui êtes allés vous suicider et vous anéantir au fin fond d’une nature à laquelle vous demandez d’engloutir tout ce que vous avez été.

Vous avez tous beaucoup souffert, c’est sûr, d’une manière ou d’une autre, comme jamais ne devrait souffrir aucun être vivant.

Permettez-nous aussi de tourner notre pensée vers vos parents et vos familles, qui, à travers votre disparition, ont fait une des expériences les plus effroyables qui soit. Ils ont d’abord éprouvé la douleur de voir brutalement voler en éclats leur désir d’un parentage positif, si fondamental chez tant d’adultes, ce désir de vivre et de réussir du lien affectif, de transmettre quelque chose d’eux-mêmes dans un contexte d’amour et de protection.

Pour ces familles, il y a l’angoisse, perpétuelle et taraudante : notre enfant est-il encore en vie ? Souffre-t-il ? Est-il violé, torturé ou laissé dans le noir et le froid ? Se trouve-t-il inconscient, la jambe cassée, sans pouvoir appeler, au fond d’une crevasse ? Que pense-t-il en ce moment ? Sait-il toujours bien qu’on l’aime ? Le retrouverons-nous ? Le retrouverons-nous vivant ou mort ? Recevrons-nous ne serait-ce qu’un signe, une trace sur laquelle nous pourrions commencer à bâtir notre deuil, comme le prénom de Julie, que la petite fille a gravé sur le mur de sa geôle et que son grand-père voulut aller toucher ?

Il y a aussi l’intelligence qui rumine, qui cherche inlassablement et intensément des réponses à d’innombrables questions : pourquoi ? Comment ? A-t-on bien exploré toutes les pistes ? Et si jamais... ? Et cet incident, quinze jours avant, il voulait peut-être dire quelque chose qu’on n’a pas compris ? ... ? ... ?

Et il y a la culpabilité, le plus souvent sans fondement objectif ! Cette difficulté intérieure, ici cruellement exacerbée par les circonstances, à accepter que l’on n’ait pas été - que l’on ne pourrait pas avoir été ! - un parent parfait : « Je n’ai pas été assez gentil avec elle ce jour-là... », « Je n’ai pas été assez gentil en général... », « J’ai manqué de surveillance... », « J’ai été impuissant à empêcher le désastre... ». Eh non, nous ne serons jamais des parents parfaitement protecteurs, et ce qui est arrivé aux enfants et adolescents belges dont les prénoms sont inscrits en lettres de feu dans tant de mémoires depuis 1995 aurait pu arriver dans n’importe quelle famille... Plus encore, cela fait partie intégrante du rôle de parent, pour aider son enfant à grandir et à s’épanouir, de pouvoir lâcher prise de temps en temps, de prendre des petits risques, de surmonter ses craintes et ses fantasmes, comme le fit à raison la maman de Mélissa en laissant partir les deux petites faire un bout de promenade ce jour-là...

Parfois encore s’ajoutent la honte et la rage : honte d’être soupçonnés à tort par des autorités policières ou judiciaires, qu’elles soient compétentes et travaillant sur tous les possibles, ou tristement incompétentes... Et rage, parce que l’on sait bien, d’une connaissance intérieure, que son propre enfant n’aurait jamais pu faire une fugue, ni à huit ans, ni à dix-sept, et que des enquêteurs têtus s’obstinent à privilégier cette piste confortable... Colère et rage envers l’aveuglement, la rigidité ou l’inhumanité des institutions...

Puis vient le temps du désespoir, parce que la société limite de plus en plus les moyens qu’elle investit dans la recherche des petits disparus et parce que soi-même, sans se l’avouer, on ne sait plus très bien quelle idée sera la moins insupportable : celle de la mort, celle d’un mythique retour ou celle de la disparition à tout jamais...

Et enfin pour certains, papas et mamans de Liam, d’Elizabeth, d’Estelle et de tant d’autres que l’on ne peut énumérer ici, le temps continue à s’écouler dans un silence glacé... On se sent presque indécent de parler de votre douleur toujours aussi vive. Oui, Madame Bouzet, le corps d’Elizabeth est très probablement retourné dons le cycle de la vie biologique, et c’est dans la nature vierge du Grand Nord canadien que vous serez le plus en communion avec votre fille... Puisse votre grande fille, avec tous ces autres que nous évoquions plus haut, vivre dans votre cœur pour toujours, dans le cœur de tous les parents d’enfants disparus, et de tous ceux qui ont une âme de parents !

Notre aventure humaine restera longtemps encore marquée par l’inachevé, l’incertitude et le mal... Rien n’est jamais acquis à l’homme, ni sa force, ni sa faiblesse, ni son cœur...et quand il croit ouvrir ses bras son ombre est celle d’une croix... et quand il veut serrer son bonheur il le broie, sa vie est un étrange et douloureux divorce..., écrit le poète ! Donnons-nous au moins comme exigence individuelle de faire de nos enfants des êtres lucides et forts, confiants dans leurs potentialités et capables de se protéger au mieux, et comme exigence collective d’amener les institutions sociales chargées de notre protection à s’engager, avec générosité et compétence, au service de la communauté !

Pourquoi nous sommes-nous mobilisés ?
Adapté du texte d’Alain TONDEUR prononcé le 17 août 2003 à Sars-la-Buissière
dimanche 21 décembre 2003.

Il y a quelque chose d’humain qui nous rassemble et qui est la foi en l’être humain, la foi dans la solidarité humaine. Cela nous rassemble tous, que nous soyons musulmans, catholiques, protestants, juifs, tout ce que vous voulez, agnostiques ou athée.

Il n’y a que dans la franchise que l’on peut faire quelque chose de valable ensemble.

Si, il y a quelques années, plus de 350.000 personnes sont descendues dans la rue, s’il y a eu cette mobilisation sociale extraordinaire, c’est que quelque part, l’affaire Dutroux, ou plutôt l’affaire « Julie et Mélissa », a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase de l’inhumain dans notre société.

Ce vase qui était plein et qui craquait de partout.
Ce n’est pas seulement un crime horrible contre des enfants, il y a ça bien sûr, il y a d’abord ça. Il faut commencer par le condamner, et on ne le condamne jamais assez. Mais tous les jours des crimes horribles contre des enfants sont commis, dans tous les pays du monde, malheureusement, mais ils ne provoquent pas une mobilisation comme on a connu en Belgique cette année-là.
Ces crimes horribles ne font pas descendre 350.000 personnes dans la rue pour une manifestation. Ils ne font pas arrêter les usines, ils ne poussent des ouvriers à la chaîne à débrayer pour aller assiéger un palais de Justice. Ils ne poussent pas des citoyens, qui n’ont jamais exercé leur citoyenneté, d’aller jusque là et dire : « On va créer un comité de quartier et on fait aussi une marche blanche chez nous. »

Ce jour-là, il s’est passé quelque chose de spécial. Ce qui s’est passé de spécial, c’est que l’affaire, le crime, est entré en résonance avec toute une série de révoltes latentes contre des injustices bien perceptibles sur tous les terrains. Et à mon avis, l’élément clé de cette résonance, c’est que Dutroux ne voulait pas agrandir sa famille. Nous sommes tous d’accord là-dessus. Dutroux voulait faire du commerce. Il voulait lancer un réseau d’exploitation d’enfants. Pas de "pédophilie", comme Gaston SCHOONBROODT le dit, mais du crime, de l’abus sexuel des enfants. Il voulait faire de l’argent et c’est cette marchandisation immonde des enfants, qui est le lien avec toutes les autres injustices que l’on vit dans cette société. Une société qui est gouvernée par l’argent, par la marchandise. Nous sommes des marchandises. On nous emploie ou on ne nous emploie plus. Quand on n’a plus besoin de nous, on nous jette comme des kleenex, et on nous accorde le droit à la misère du chômage, du CPAS comme l’a dit Freddy Boucher (de l’association « Droit devant »).

Et si on se révolte, on risque un procès comme ceux de Clabecq.

Ça c’est la réalité de cette société dans laquelle nous vivons. C’est contre cela, je crois, que 350.000 personnes sont descendues dans la rue.

Evidemment, si on les avait interviewées à ce moment-là, elles n’auraient peut-être pas répondu cela. Mais c’est comme cela que nous l’interprétons et nous croyons que cette interprétation est juste.

Cette mobilisation-là a fait peur. Elle a foutu, pardonnez nous l’expression , une pétoche incroyable au pouvoir, à tous les niveaux de pouvoirs : au pouvoir judiciaire, au pouvoir de la gendarmerie, au pouvoir politique, au pouvoir économique. Tous, ils ont eu peur.

Un exemple. Il y a un journal que vous connaissez, au moins de nom, et qui s’appelle « le Monde ». Ce n’est pas spécialement un tabloïd à sensation. Or, Le Monde écrivait la veille de la Marche Blanche : « La Belgique connaît une situation pré-insurrectionnelle. »

Il n’y a pas eu d’insurrection, personne n’a mis Bruxelles à feu et à sang ou envahi le palais de Justice. Tout comme un baromètre indique la pression atmosphérique, un thermomètre la température, cette « Marche blanche » à été le révélateur de la peur dans les milieux dirigeants. Et ils ont tout fait pour résorber tout ça. La peur c’était quoi ? La peur c’était que la société, les gens normaux, comme vous et moi, les 350.000 qui étaient dans la rue et les autres, perdent complètement confiance dans les institutions et cherchent une autre voie par eux-mêmes. Ils avaient peur d’une rupture de la confiance dans le système. Et ils ont tout fait pour résorber ça. Comment ?
On a organisé une petite séance au palais royal, avec sa majesté le Roi Albert II, ensuite on a mis sur pied la Commission d’enquête parlementaire (dont le résultat est pourtant contradictoire). Cela permettait aux gens de voir comment cela se passe et en même temps on organisait cette tentative de récupération.

Puis on a saucissonné le dossier. Par après, on est passé à la contre-attaque en faisant un procès contre Carine RUSSO.

Enfin on a fait traîner l’affaire en longueur, sept années pour en arriver-là. Maintenant ils se disent : « La bête est morte, c’est refroidi, on ne risque plus rien, et les carottes des condamnations sont pratiquement cuites. » Nous avons analysé avec Guy Poncelet ce que risquent les accusés. Bon, c’est bien ficelé.

Il nous reste, à nous citoyens, à prouver que ce n’est pas si bien ficelé qu’on ne le dit.

Nous croyons que c’est possible, parce que les braises de l’injustice sont toujours là sous-jacentes dans cette société. Fondamentalement, ils n’ont rien changé, ils n’ont rien résolu, ils n’ont rien amélioré. Ce n’est pas devenu plus démocratique, plus citoyen, plus social ou plus transparent. C’est toujours le même mépris des victimes qui continue et donc il y a toujours moyen de faire quelque chose. Comment ? Comment ? Là c’est le débat sur la tactique ou sur la stratégie.
Nous pensons que c’est tellement gros d’avoir saucissonné ce dossier ! C’est tellement gros, ces chefs d’accusation taillés sur mesure pour que les têtes de turc paient cher !
Dutroux payera cher, c’est clair, mais en même temps on fait tout pour que cela n’aille pas plus loin, pour que cela ne résonne plus dans la société. Face à une telle manipulation, nous pensons que c’est la stratégie de la rupture qui est la plus adéquate. Rupture pas pour rester chez soi, ça, alors, il vaut mieux participer au procès. Mais rupture dans le sens de contrôler, contester, s’organiser, diffuser une contre information, se mobiliser sur les marches du palais de Justice et montrer que la lutte contre ce système, sa magistrature, son économie injuste, est une lutte qui nous mobilise et nous révolte toujours.
Alain TONDEUR.

http://www.observatoirecitoyen.be/article.php3?id_article=318

 

En France

Ministère de la Justice
Ministère de la Famille et de l’Enfance

Paris, le 21 mai 2004

COMMUNIQUE DE PRESSE


Dominique PERBEN, Garde des Sceaux, Ministre de la Justice
et
Marie-Josée ROIG, Ministre de la Famille et de l’Enfance

signeront une convention « SOS Enfants Disparus » à la Chancellerie

le mardi 25 mai 2004 à 10 heures.

A l’occasion de la Journée internationale des Enfants Disparus, une convention de partenariat sera signée à la Chancellerie entre Dominique PERBEN, Garde des Sceaux, Ministre de la Justice, Marie-Josée ROIG, Ministre de la Famille et de l’Enfance, Anne-Aymone GISCARD d’ESTAING, Présidente-fondatrice de la Fondation pour l’Enfance, et Jacques CALMETTES, Président de l’INAVEM (Institut national d’aide aux victimes et de médiation).

Cette convention officialise la création d’un numéro de téléphone Azur destiné à soutenir les familles des enfants disparus.


Programme

Lieu : Ministère de la Justice – Salle Peyronnet
10h 00 Allocutions : - M. Dominique PERBEN,
- Mme Marie-Josée ROIG,
- Mme Anne-Aymone GISCARD d’ESTAING,
- M. Jacques CALMETTES
10h 30 Signature de la convention ;
10h 35 Allocution de M. Alain BOULAY, Président de l’APEV ;
10h 40 Visionnage d’un clip de 30’ sur la Journée internationale des Enfants Disparus ;
10h 45 Allocution de Mme GOURGUE, Présidente de la Mouette
10h 50
Rencontre avec la presse

Contact presse

Cabinet de Dominique PERBEN

Isabelle IVANOFF, Conseiller pour la communication
Arnaud LEBLIN, Conseiller technique pour les relations avec la presse
Tél : 01 44 77 22 02

Cabinet de Marie-Josée ROIG

Pia DAIX, Conseillère pour la Communication
Tél : 06 80 01 05 06
Mathieu MONNET, Chargé de mission pour la presse
Tél : 06 07 65 14 53

Ex: http://www.justice.gouv.fr/presse/com210504.htm

 

La Journée des enfants disparus surtout marquée par l'affaire Estelle
PARIS, 25 mai 2004 (AFP),
le 25-05-2004

La journée internationale des enfants disparus a été marquée mardi par l'affaire de la petite Estelle, avec, hasard du calendrier, l'interpellation d'un suspect et de son entourage, et un rassemblement dans la soirée à Paris en mémoire de la jeune disparue.

Côté gouvernemental, le garde des Sceaux Dominique Perben et la ministre de la Famille et de l'Enfance Marie-Josée Roig ont, comme prévu, lancé le numéro Azur d'aide aux parents d'enfants disparus.

Cette permanence téléphonique (au 0 810 012 014), opérationnelle au 1er octobre, sera chargée de donner des conseils aux familles confrontées à une disparition, de les aider dans leurs démarches et de leur donner des informations sur l'état des recherches concernant leurs enfants.

"Chaque année ce sont quelque 36.000 mineurs qui sont signalés disparus. La très grande majorité des cas se résolvent en quelques jours mais pour toutes les familles c'est une souffrance insupportable", a déclaré le ministre de la Justice lors d'une conférence de presse.

Dans la plupart des cas, les disparitions de mineurs correspondent à des fugues, le plus souvent très courtes: 34.161 recensées en 2003, contre 651 disparitions inquiétantes de mineurs susceptibles d'avoir été victimes de crimes ou délits, selon les chiffres de la police.

La secrétaire d'Etat aux Droits des victimes Nicole Guedj et la ministre de la Famille Marie-Josée Roig, rejoints par leur collègue de l'Economie et des Finances Nicolas Sarkozy, ont participé à un rassemblement au Champ de Mars à Paris à la mémoire des enfants disparus.

Des bougies ont été allumées, une chorale d'enfants a chanté et des lettres ont été lues, écrites par des camarades d'Estelle Mouzin, disparue en janvier 2003 à 9 ans alors qu'elle était sur le chemin de l'école à Guermantes (Seine-et-Marne).

Lundi et mardi, dans le cadre de l'enquête sur cette disparition, un homme de 28 ans (BIEN 28) a été interpellé, ainsi que six personnes de son entourage, une tante, quatre amis et sa petite amie. Jusqu'en juin, il résidait à Guermantes mais a déménagé dans l'Oise quelques jours après la diffusion d'un portrait-robot.

"C'est une piste qu'il fallait vérifier mais il n'y a pas d'élément tangible pour l'instant contre lui", a toutefois précisé une source judiciaire.

Le télescopage entre cette arrestation et la journée internationale des enfants disparus a en outre suscité l'agacement d'Eric Mouzin, le père d'Estelle.

"Le SRPJ nous avait informés que cette personne faisait l'objet d'attention et je trouve indécent le fait qu'il ait été procédé à cette interpellation aujourd'hui", a-t-il déclaré sur RTL. "Cela aurait pu être fait n'importe quand avant, ça m'étonnerait qu'il y ait eu des éléments nouveaux qui justifiaient que cette action se déroule aujourd'hui".

Après le numéro ouvert aux parents, les associations, parties prenantes dans la permanence mise en place, réclament désormais un numéro Vert ouvert aux enfants fugueurs. "Il faut que de manière totalement anonyme et gratuite ils puissent avoir accès à des adultes qui les orientent pour rentrer chez eux. Cela existe en Angleterre où ça marche très bien", plaide Alain Boulay, président de l'association d'Aide aux parents d'enfants victimes (APEV).

© AFP.

Ex http://actu.voila.fr/Article/article_actu_france_040525204931.0oh6xd8n.html

651 disparitions inquiétantes de mineurs l'an passé


"Ce genre d'événement ( Cette Journée consacrée au souvenir des enfants disparus) est pour nous fondamental. Il faut faire du bruit autour du phénomène des disparitions d'enfants car comme par hasard, dès que l'on descend dans la rue il y a des annonces qui suivent", commente Eric Mouzin, le père de Estelle, la fillette de 9 ans disparue le 9 janvier 2003 au retour de l'école à Guermantes (Seine-et-Marne).

Justement, aujourd'hui et hier, ont eu lieu une série d'interpellations. Un homme âgé de 34 ans et six personnes de son entourage ont été arrêtés dans le cadre de l'enquête sur la disparition d'Estelle. L'homme de 34 ans, dont l'identité n'a pas été révélée, a été interpellé hier dans l'Oise, pour être entendu par la police judiciaire de Versailles, chargée de l'enquête. Il n'est qu'une cible parmi d'autres, selon un enquêteur. Sa petite amie, une tante et quatre de ses amis ont été interpellés ce matin en région parisienne pour être entendus au sujet de ses déclarations.

L'association Estelle a appelé à se mobiliser aujourd'hui à l'occasion de la journée internationale des enfants disparus. Via son site internet, l’association propose ainsi à tout un chacun de relayer le rassemblement parisien dans sa ville.

Très souvent des fugues. Dans la plupart des cas, les disparitions de mineurs correspondent à des fugues, le plus souvent très courtes : 34.161 recensées en 2003, contre 651 disparitions inquiétantes de mineurs susceptibles d'avoir été victimes de crimes ou délits, selon les chiffres de la police. « Un quart des fugues dure moins d'une journée et dans 33% des cas les mineurs sont revenus dans les deux jours. Dans deux tiers des cas, ils sont rentrés dans le mois », commente le commissaire David Douguet, chef de l'Office central chargé des disparitions inquiétantes de personnes. Si dans leur grande majorité les fugueurs sont plutôt des adolescents (70% ont plus de 15 ans), certains sont parfois très jeunes et leur disparition constitue un traumatisme terrible pour les familles, conscientes qu'ils encourent parfois de grands dangers.

Une nouvelle assistance téléphonique. C’est justement pour aider et guider les familles que va être annoncé ce matin un numéro Azur (prix d'un appel local). En appelant ce numéro, les familles joindront un centre d'accueil spécialisé qui leur fournira les renseignements sur les premières démarches en cas de disparition de leur enfant ainsi qu'une aide psychologique. Ce numéro résulte d'une convention entre les ministères de la Justice, de la Famille et de l'Enfance, de la Fondation pour l'Enfance et de l'Inavem (Institut national d'aide aux victimes et de médiation). Il était réclamé par de nombreuses associations d'aide aux familles pour accélérer la mise en place des recherches. En janvier dernier, lors de la remise d'un rapport sur le sujet aux ministres de la Justice et de la Famille, les associations avaient réclamé "un plan Orsec" qui permette une mobilisation générale des secours, des médias, des voisins, dès le signalement de la disparition.

Beaucoup attendent maintenant un numéro Vert ouvert aux enfants fugueurs comme cela existe en Angleterre. Child Helpline)

© www.estelle-mouzin.com

 

En Suisse, l'appel à la solidarité a été bien suivi: Vers 22.00heures, de petites lumières rouges brillaient un peu partout dans le canton de Fribourg, siège de la Fondation FREDI.

La cérémonie, digne et émouvante, au pied de la Tour de Montagny, s'est déroulée dans une atmosphère presque intime, puisque le principal journal francophone du canton avait oublié de mentionner la cérémonie de recueillement prévue le soir du 25 mai!

Le choeur d'enfants de Montagny a ouvert la partie officielle, après l'allocution d'un représentant des Autorités locales.La vice-présidente de la Fondation a esquissé brièvement quelques situations de disparitions d'enfants et a fait appel à chaque parent pour qu'il s'informe et informe ses enfants sur les mesures élémentaires à observer pour limiter les risques d'enlèvements et d'agressions.

L'essentiel de la soirée était une soirée du souvenir pour les enfants disparus sans laisser de traces et pour leurs familles: Poème à l'intention de ces jeunes êtres volés, violés, meurtris, morceaux choisis de musique classique, dont le *Remember* de Purcell, puis allumage des lumignons à 21.20heures et leur dépôt au pied du mur, durant un solo de violon.

Chaque participant à la cérémonie du souvenir a pû emporter quelques notices de prévention, préparées à son intention par la Fondation FREDI.

 

Le surlendemain, le journal local, qui avait déjà oublié de mentionner la manifestation, publiait un article si peu professionnel, qu'il n'a pas été jugé digne d'être publié ici