Le viol
(relation sexuelle forcée en utilisant le chantageet/ou
la violence)a longtemps été tu, maintenu caché,
pour des raisons avant tout culturelles.
La loi
sur l’aide aux victimes d’infractions (LAVI) et la création
des centres LAVI dans tous les cantons de Suisse depuis
1993 a permis à beaucoup de victimes de parler de
leurs angoisses et de leurs traumatismes. Le bouche à
oreille de celles qui avaient osé faire le pas vers
une dénonciation a permis à d'autres victimes
d'oser dénoncer le crime qu'on avait commis sur leur
propre personne et ainsi, une information et une tenue de
statistiques se sont progressivement imposées.
Tristes
statistiques, puisque les chiffres gonflent chaque année,
tous âges des victimes confondus.
Dans
les bureaux de police, des agents femmes sont à même de
recueillir une déposition, puisque ce sont tout de même
surtout des femmes qui sont victimes de viol (ou qui les
dénoncent, un (jeune)homme montrant peut-être
encore plus de réticence à dénoncer
ce qu'il ressent comme une honte suprême).
"Le
viol est la plus forte humiliation infligée à une femme
(mais aussi à un homme!) pour assouvir la
soif de pouvoir et de domination ."
«C’est
par la pénétration et, plus humiliant, par la sodomie que
le violeur entend marquer sa victime et se l’approprier.
On est alors dans une relation de sujet à objet et non pas
entre sujets.»
Contrairement
à ce qu’imaginent la plupart des gens, les violeurs ne
sont pas des frustrés qui finissent par disjoncter et se
jettent alors sur la première victime venue pour assouvir
un désir trop longtemps refoulé. Les violeurs sont des pervers.
Le pervers a conscience de détruire et c’est en cela
qu’il trouve un plaisir qui n’a strictement rien à voir
avec le plaisir sexuel.»
Le
viol n’est donc ni une affaire de sexe ni une affaire de
plaisir, c’est une affaire de domination et de pouvoir.»
Tu
dois connaître l'existence de produits spécifiques
qu'utilisent parfois les violeurs: Le GHB ou le Rohypnol,
produits utilisés avant tout en médecine,
mais qu'il n'est pas difficile de se procurer pour d'autres
buts, notamment pour abaisser le seuil de vigilance des
victimes potentielles et de les rendre dociles et...surtout...
amnésiques (sans mémoire). C'est ce qui
est si terrible dans ce genre de viol sous drogue: La victime
sait qu'il s'est passé quelque chose, mais ne se
rappelle plus de rien durant plusieurs heures, voire plusieurs
jours. Durant ce laps de temps, les preuves toxicologiques
s'effacent, car les traces dans l'urine et dans le sang
doivent être recherchées dans les 2 jours.
Et les souvenirs des victimes ne reviennent que plus tard,
souvent, d'abord par bribes.
La
plupart du temps, le violeur opère dans les boîtes
de nuit et propose de raccompagner sa victime rendue docile
et la viole en chemin.
Comment
t'en préserver ?
Il
n'y a qu'une attitude "biche au coin du bois"
( les sens en alerte) et quelques consignes à appliquer
sans faille:
- Ecoute
ton sixième sens, ou tes "antennes":
S'ils t'avertissent que quelque chose ne joue pas,
appelle un adulte de confiance qui viendra te chercher.
Ne quitte jamais seul(e) une boîte de nuit,
c'est beaucoup trop risqué: Un individu mal
intentionné peut t'avoir repéré(e)
et te suivre...
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- Tu
ne quittes jamais des yeux ta boisson ouverte (
ce n'est pas si évident, dans le feu de la
fête!) et si tu quittes la table pour aller
danser ou pour te rendre aux toilettes, soit tu
vides ton verre avant de t'éloigner, soit
tu ne consommes plus, lorsque tu retournes, la boisson
que tu n'as pas terminée.
En commander une nouvelle te coûtera moins
cher que de te soigner pour un gros traumatisme
consécutif à un viol sous drogue.
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- Méfie-toi
des boissons qu'on t'apporterait déjà
ouvertes: normalement, la serveuse doit ouvrir la
bouteille devant toi. Si cela ne devait pas être
le cas, demande poliment une boisson fermée.
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Tu
dois également savoir que les "tournantes"
ou viols collectifs ou viols en bande sont toujours à
la mode: Le coup classique: quelqu'un que tu crois être
un copain t'invite chez lui, mais en réalité
il n'est pas seul à attendre ton arrivée.
A moins de pratiquer les arts martiaux, tu as peu de chances
de t'en tirer face à plusieurs gars.
Comment
t'en préserver ?
La
mode du ami-ami dès la première rencontre
et d'une liberté très tôt revendiquée
t'expose. Là aussi tu dois te montrer prudente et
ne pas te rendre au domicile d'une personne que tu ne connais
pas vraiment. Prends ton temps pour la connaître,
pour connaître sa notion de respect de l'autre, saisis
l'occasion pour la présenter à des adultes
de confiance, invite-la chez toi, mais pas lorsque tes parents
sont absents!
Toutes ces étapes prendront du temps, mais ce temps
te sera précieux pour jauger la confiance que tu
peux accorder à cette personne et, peut-être,
de t'ouvrir les yeux sur les véritables intentions
de celui que tu prenais pour ton copain.
65%
des condamnés pour viol en bande auraient moins de 21 ans.
Une raison de plus pour ne rien précipiter...
Tu dois
savoir aussi, que selon les spécialistes, 90% des victimes
ont été agressées par une connaissance et souvent par un
proche (un voisin, un ami, un parent.) .
Il ne s'agit donc pas de voir un violeur à chaque
coin de rue, mais de te rappeler qu'il y a des situations
à risques, telles celles décrites ci-dessus.
Une
dernière chose, mais pas de moindre importance:
Certaines
femmes sont plus exposées que d’autres en raison à la fois
de leur personnalité (et de celle des violeurs).
Celles
qui ont subi des abus sexuels durant l’enfance ou des humiliations,
celles qui ont souffert de maltraitance, de carences affectives
se mettent en danger parce que leur système de défense ne
fonctionne plus correctement.
Au lieu
de se méfier des véritables intentions de
quelqu'un qui leur fait un compliment, elles y croient,
trop heureuses qu'on s'intéresse à elles.C'est
exactement la même chose pour un jeune enfant: face
à un pédocriminel: Si celui-ci se montre patient
et séduit l'enfant, il y arrivera bien plus facilement
chez un enfant battu, maltraité, mal aimé
que chez un enfant chez lequel on aura développé
la conscience de soi et son droit à être respecté.
Si tu
penses que tu fais partie de cette catégories de
personnes qui manquent de confiance en soi, qui manquent
de cette essentielle estime de soi qui devrait pousser chacun
et chacune à imposser qu'on le/la respecte, tu devrais
peut-être songer à y remédier: Il existe
des livres, des cours, des émissions de radio ou
de télévision.
Et pourquoi
pas participer à un cours d'auto-défense ?
(Utile, cependant, seulement lorsque tu auras acquis suffisamment
d'estime de toi-même pour oser affirmer ta demande
d'être respectée. Il ne sert à rien
d'apprendre des techniques si, ensuite, tu n'oses pas les
appliquer.)
Lis
également la rubrique
"Sortir en sécurité"