Dernière mise à jour : 27/11/2005

 

Enlèvements d'enfants :
La Suisse se passe de l'alarme Amber ...ou "Alerte enlèvement"

 

Aurélia, 6 ans, enlevée dimanche passé dans le Maine-et-Loire, a été retrouvée lundi soir. Trente-six heures ont suffi pour que le ravisseur de la petite Aurélia relâche sa proie. Un succès obtenu grâce à une méthode de mobilisation rapide de tous les moyens policiers et de communication disponibles. Elle a été baptisée Amber au Texas, en 1996, en hommage à Amber Hagerman, enlevée et retrouvée morte à l'âge de 9 ans.

Sarah, 6 ans, disparue le 28 septembre 1985 peu après 17 h 30 à Saxon, dans le Valais en Suisse n'a, elle, pas pu en bénéficier et l'on ne sait toujours rien dans cette affaire.

L'absolue certitude qu'il s'agit d'un enlèvement n'existe même pas. Elle a quitté son domicile pour se rendre chez sa grand-mère, son vélo a été retrouvé près de la salle de gymnastique. Elle aurait été vue dans la cour d'école vers 19 heures. Puis, le vide.

Emblématique, son histoire a provoqué un grand élan de solidarité dans le pays. Le journaliste valaisan François Dayer, qui a soutenu le mouvement dès les premières heures, fait partie des responsables de la Fondation Sarah Oberson. Il ne cache pas certains regrets à l'évocation de l'alarme Amber : "A l'époque, cela aurait été considéré comme un énorme progrès. Sur le terrain, la police a fait du bon travail. Mais nous avons dû convaincre des gens, en particulier nos superflics suisses, pour qu'ils envoient des commissions rogatoires à l'étranger."

Il y a deux mois, pour marquer les 20 ans de la disparition de la fillette, la Fondation Sarah Oberson a lancé un appel à la population. "Nous pensions que des détails pourraient apparaître dans la mémoire de certains, avec l'éclairage de ces vingt ans. Mais cela n'a rien donné." L'idée était de relancer l'enquête, que l'on dit menacée de clôture. Ce qui n'est pas vrai, assure la police cantonale valaisanne. Une telle enquête n'est jamais close. L'arithmétique des prescriptions légales ne s'applique pas et le moindre détail serait vérifié.

Chaque année, un millier de disparitions d'enfants sont signalées en Suisse. Dans 85% des cas, il s'agit d'une fugue. Les enlèvements sont la plupart du temps liés à des conflits familiaux. Mais cinq affaires ne sont pas élucidées parmi lesquelles la disparition de Sylvie Bovet à Bevaix (NE) le 23 mai 1985 à l'âge de 12 ans. Cette concentration temporelle dans les années 1980 reste inexpliquée.

De l'avis des policiers, la Suisse a progressé dans ses méthodes. Les barrières du fédéralisme s'estompent un peu. Mais on ne sent pas d'intérêt pour un système d'alarme de type Amber. Une commission intercantonale existe, nommée Rebecca, en hommage à Rebecca Bieri, retrouvée morte le 15 août 1982 dans le canton de Berne. Mais il ne s'agit que d'un groupe de contacts, pas d'une cellule d'intervention rapide. La police fédérale et neuf cantons en sont membres, dont Genève, Neuchâtel et le Valais. Les Vaudois n'y sont pas, dit-on à Berne. Explications à Lausanne: "Nous en faisons partie, mais comme nous n'avons pas de cas en cours, nous ne sommes pas allés aux dernières réunions", déclare Claude Wyss-Brunner, porte-parole de la police cantonale vaudoise.

Philippe Maspoli pour 24 heures.ch du 26/11/2005

Voyez quels sont les soucis prioritaires des Suisses, en tout cas pas la sécurité!