Aurélia,
6 ans, enlevée dimanche passé dans le Maine-et-Loire,
a été retrouvée lundi soir. Trente-six
heures ont suffi pour que le ravisseur de la petite Aurélia
relâche sa proie. Un succès obtenu grâce
à une méthode de mobilisation rapide de tous
les moyens policiers et de communication disponibles. Elle
a été baptisée Amber au Texas, en 1996,
en hommage à Amber Hagerman, enlevée et retrouvée
morte à l'âge de 9 ans.
Sarah,
6 ans, disparue le 28 septembre 1985 peu après 17
h 30 à Saxon, dans le Valais en Suisse n'a, elle,
pas pu en bénéficier et l'on ne sait toujours
rien dans cette affaire.
L'absolue
certitude qu'il s'agit d'un enlèvement n'existe même
pas. Elle a quitté son domicile pour se rendre chez
sa grand-mère, son vélo a été
retrouvé près de la salle de gymnastique.
Elle aurait été vue dans la cour d'école
vers 19 heures. Puis, le vide.
Emblématique,
son histoire a provoqué un grand élan de solidarité
dans le pays. Le journaliste valaisan François Dayer,
qui a soutenu le mouvement dès les premières
heures, fait partie des responsables de la Fondation Sarah
Oberson. Il ne cache pas certains regrets à l'évocation
de l'alarme Amber : "A l'époque, cela aurait
été considéré comme un énorme
progrès. Sur le terrain, la police a fait du bon
travail. Mais nous avons dû convaincre des
gens, en particulier nos superflics suisses, pour qu'ils
envoient des commissions rogatoires à l'étranger."
Il
y a deux mois, pour marquer les 20 ans de la disparition
de la fillette, la Fondation Sarah Oberson a lancé
un appel à la population. "Nous pensions que
des détails pourraient apparaître dans la mémoire
de certains, avec l'éclairage de ces vingt ans. Mais
cela n'a rien donné." L'idée était
de relancer l'enquête, que l'on dit menacée
de clôture. Ce qui n'est pas vrai, assure la police
cantonale valaisanne. Une telle enquête n'est jamais
close. L'arithmétique des prescriptions légales
ne s'applique pas et le moindre détail serait vérifié.
Chaque
année, un millier de disparitions d'enfants sont
signalées en Suisse. Dans 85% des cas, il s'agit
d'une fugue. Les enlèvements sont la plupart du temps
liés à des conflits familiaux. Mais cinq affaires
ne sont pas élucidées parmi lesquelles la
disparition de Sylvie Bovet à Bevaix (NE) le 23 mai
1985 à l'âge de 12 ans. Cette concentration
temporelle dans les années 1980 reste inexpliquée.
De
l'avis des policiers, la Suisse a progressé dans
ses méthodes. Les barrières du fédéralisme
s'estompent un peu. Mais on ne sent pas d'intérêt
pour un système d'alarme de type Amber.
Une commission intercantonale existe, nommée Rebecca,
en hommage à Rebecca Bieri, retrouvée morte
le 15 août 1982 dans le canton de Berne. Mais il ne
s'agit que d'un groupe de contacts, pas d'une cellule d'intervention
rapide. La police fédérale et neuf cantons
en sont membres, dont Genève, Neuchâtel et
le Valais. Les Vaudois n'y sont pas, dit-on à Berne.
Explications à Lausanne: "Nous en faisons partie,
mais comme nous n'avons pas de cas en cours, nous ne sommes
pas allés aux dernières réunions",
déclare Claude Wyss-Brunner, porte-parole de la police
cantonale vaudoise.
Philippe
Maspoli pour 24 heures.ch du 26/11/2005
Voyez quels sont les soucis prioritaires des Suisses, en tout cas pas la sécurité!