Dernière mise à jour : 30/03/2006

 

Le "Happy Slapping" ou passages à tabac récréatifs, filmés avec un téléphone mobile pour être disposés ensuite sur Internet: Interdit

Une pratique des cours d'écoles, des sorties des jeunes qui zonent à interdire fermement. Mais interdire est souvent impossible, alors que repenser l'éducation est un beau défi!

Bâle, Juin 2005. Un écolier de 13 ans passe un très mauvais quart d'heure dans une cour de récréation. Son agresseur, 13 ans également, l'assène de coups au visages et au ventre, pendant qu'un autre adolescent filme la scène sur son téléphone portable. Un enseignant qui surveillait la pause intervient et confisque le mobile. La mère de la victime porte plainte auprès de la justice, la police vient arrêter les deux agresseurs directement à l'école. Sanction immédiate, ils sont suspendus des cours.

Pour l'un de ces premier cas de Happy Slapping en Suisse, la justice prend l'affaire au sérieux. L'un des adolescents est contraint d'effectuer du travail social. « Généralement dans les cas de violence entre jeunes, il y a de la provocation de part et d'autre, ici il n'y en avait aucune », explique Beat Burkhardt, procureur des mineurs de Bâle-Ville. « C'est ça qui nous inquiète.» Beat Burkhardt est bien décidé à combattre cette nouvelle forme de violence gratuite. Le terme même de « Happy Slapping », soit le « passage à tabac récréatif » l'écoeure. « C'est un concept complètement cynique : il n'y a rien d'amusant pour la victime à se faire frapper, surtout quand elle n'a rien fait. »

Les premiers cas de Happy Slapping ont été signalés en Angleterre en 2004. En 6 mois, la police a enquêté sur 200 incidents de ce type à Londres. Certains sont d'une violence singulière. Un soir d'octobre 2004, David Morley, 37 ans se fait attaquer par un gang de jeunes au bord de la Tamise. Roué de coups, il meurt de ses blessures. L'un des agresseurs, une fille de 14 ans, tenait un téléphone portable dans sa main. Selon le témoignage d'un membre du gang, elle aurait dit à David Morley : « nous faisons un documentaire sur le Happy Slapping ». Le même soir, le gang commet 4 agressions supplémentaires, l'une a été filmée par une caméra de suveillance.

Devant la médiatisation du phénomène, la classe politique britannique se mobilise. Un parlementaire a proposé par exemple de brouiller les signaux aux alentours des écoles pour empêcher les téléphones portables de fonctionner. En Suisse aussi, cette tendance préoccupe les politiciens. Pour mieux la combattre, le Conseiller National PDC Christophe Darbellay veut modifier le code pénal. Il a déposé une motion pour poursuivre pénalement le « Happy Slapping » (ainsi que d'autres formes de violences physiques commises en bande), car selon lui, les victimes n'osent pas porter plainte de peur des représailles. Le Conseil fédéral l'a refusée.

Face à une telle violence gratuite, qui selon la presse britannique, et dans le cas du meurtre de David Morley, évoque le film de Stanley Kubrick, « Orange Mécanique », les spécialistes s'interrogent sur les causes. Pour le procureur des mineurs de Bâle, elle trouve son inspiration dans les mises en scènes violentes de l'émission Jackass de MTV. « Les medias aujourd'hui recherchent toujours le sensationnel », déplore Beat Burkhardt. « Les cascades et plaisanteries de mauvais goût de Jackass par exemple peuvent donner des mauvaises idées à certains jeunes.»

La technologie également est incriminée : les vidéos de «Happy Slapping» inondent le net. « Les nouvelles technologies ne sont pas à l'origine de la violence », tempère Christophe Darbellay, « mais elles jouent un rôle très important dans la diffusion de la violence et dans la banalisation d'un acte cruel. » Pour le procureur des mineurs Beat Burkhardt, c'est la diffusion des images avant tout qui motive les agresseurs. En les montrant à leurs amis, ils peuvent s'imposer comme « des durs ». « Ils recherchent la célébrité parmi leurs pairs. C'est comme avec certains tagueurs, quand ils font des graffitis, c'est pour qu'ils soient photographiés et publiés dans des médias spécialisés. » A Bâle, Beat Burkhardt a remporté une première victoire dans son combat contre le «Happy Slapping » : le téléphone portable des écoliers de 13 ans a été saisi tellement vite que les images n'ont pas fini sur internet.

http://www.nouvo.ch/

Un cas récent en Allemagne:

Jugendliche griffen Mann für Aufnahme eines Gewaltvideos an

Krefeld (ddp-nrw). Zwei 17-Jährige sollen in Krefeld einen 61-jährigen Mann gezielt angegriffen haben, um ein Gewaltvideo aufzunehmen. Sie provozierten ihr Opfer in der Nacht auf Samstag und schlugen dann mit Fäusten auf den Mann ein, wie die Polizei heute mitteilte. Erst als ein Taxifahrer beherzt eingriff, ließen sie von dem 61-Jährigen ab. Er wurde leicht verletzt. Ein Zeuge beobachtete, wie die Jugendlichen sich danach ein Video auf einem Handy anschauten. Dieses Video wollten sie den weiteren Angaben zufolge ins Internet einstellen. Die beiden Jugendlichen wurden festgenommen.

05.02.2006 Sab, E110.de

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Deux ados de 17 ans s'en sont pris à un homme de 61 ans, à Krefeld, samedi soir. Ils l'ont provoqué puis battu à coups de poing. Ce n'est que grâce à l'arrivée d'un taxi, dont le chauffeur est intervenu courageusement, que l'homme n'a été que légérement blessé.

Des témoins ont alors vu les ados qui visionnaient leurs actes sur leur téléphone mobile, actes qu'ils avaient l'intention de publier sur Internet.

Ils ont été arrêtés.

Trad. de FREDI

La Suisse pas épargnée

Plus de portables à l'école!

BÂLE Les jeunes s'échangent des clips violents, déclenchent des bagarres pour le seul plaisir de les enregistrer sur leurs mobiles. Les autorités envisagent l'interdiction des téléphones dans les écoles

Certaines bagarres ne se produiraient pas sans la caméra d'un téléphone portable! Ce constat étonnant a été dressé dans des écoles alémaniques, où des écoliers filment des passages à tabac. Ces vidéoclips prennent alors une valeur de trophées. Décortiqué par SonntagsBlick, ce phénomène inquiète à tel point les autorités bâloises qu'une interdiction de téléphones mobiles à l'école est sérieusement envisagée.

La police bâloise a saisi une séquence de happy slapping le mois dernier. Une dispute avait éclaté entre trois élèves d'une même classe avant une leçon de gym. Un écolier a été tabassé sans raison par un cogneur, tandis que le troisième protagoniste filmait la scène avec son téléphone portable. Aucun témoin n'a assisté à la scène, mais la police a découvert le clip après une plainte déposée par la victime.

Les films ou les photos de tabassage semblent plus répandus que ne le supposent les parents et les enseignants. Trois cas seulement ont été rendus public dans les cantons de Zurich, de Bâle et de Soleure: deux passages à tabac, ainsi que l'incendie d'une voiture. Mais SonntagsBlick en a découvert d'autres, comme à Saint-Gall ou à Lucerne. Des coups et des crachats, ou encore des écoliers qui baissent les pantalons d'un camarade pris en photo.

Pour les adeptes du happy slapping, (passages à tabac récréatifs) la violence ne se justifie que si elle peut être rendue publique. En privant les écoliers de leur mobile, les autorités bâloises pensent éliminer la brutalité gratuite. Pour le directeur des Ecoles, Georg Signer, les mobiles sont assimilables à une arme! Il entend répondre à la prochaine agression par un signal clair: une interdiction des téléphones portables à l'école.

Le Matin Dimanche VINCENT DONZÉ 05 février 2006

FREDI a mis en garde M.Signer contre cette mesure inappropriée: Pour quelques jeunes mal éduqués, sans repère, on metrait en danger des centaines, voire des milliers d'écoliers. Car nous restons persuadés qu'un jeune qui quitte le rayon de sa commune pour se rendre à l'école peut avoir la vie sauve grâce à son portable, qui lui permet, cas échéant, d'avertir en cas de retard ou de bus/train manqué et d'éviter tout risque inutile pour arriver malgré tout (monter dans un train en marche, pratiquer l'auto-stop),d'appeler à l'aide en cas d'agression ou d'être repéré en cas de disparition/d'enlèvement (à condition qu'on lui ait appris à enclancher son téléphone mobile dès la sortie des cours et entrainements!).

Il y a des mesures plus raisonnables, celle, par exemple, qui consisterait à exiger des fabricants de téléphones mobiles qu'ils mettent sur le marché des appareils pour les plus jeunes, sans possibilité intégrée de photographier ou de surfer Internet.

Un appareil de téléphone est avant tout un outil de communication (envois et réception d'appels et de SMS) et devrait le rester pour les écoliers. Le choix d'un tel appareil relèverait alors de la responsabilité des adultes responsables du jeune -parents, tuteurs- et ceux-ci pourraient être amendables si leur enfant est trouvé en possession d'un appareil réservé aux adultes.

Le lobby économique aura-t-il raison de la santé mentale de nos enfants?

FREDI


Schlägerei in Schulpause mit Handy gefilmt

Storkow (ddp-lbg). Ein 13-jähriger Schüler aus Storkow hat einen 14-Jährigen zusammengeschlagen. Ein weiterer 13-Jähriger filmte die Tat am Mittwoch während einer Schulpause mit dem Handy, wie die Polizei heute mitteilte. Der Angreifer habe dem Opfer gezielt zwei Faustschläge ins Gesicht und einem Kniestoß in den Magen versetzt. Der von Schülern informierte Schulleiter griff ein und rief die Polizei. Die Beamten beschlagnahmten das Handy, auf dem Aufnahmen noch einer weiteren Prügelei gespeichert waren.

Die beiden 13-Jährigen wurden den Angaben zufolge zunächst vom Schulbetrieb ausgeschlossen. Zu den Motiven für die Taten liegen der Polizei bisher keine Erkenntnisse vor. Die Polizei kündigte an, bei Bedarf gemeinsam mit der Schule Strategien zur Gewaltvermeidung zu entwickeln.


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A Sorkow, en Allemagne, un ado de 13 ans s'est attaqué à un autre ado de 14 ans, dans la cour d'école, pendant qu'un troisième filmait la scène. Un enseignant qui avait été averti appela la police.

Le téléphone mobile a été confisqué - il comportait une autre scène de violence- et les deux larrons expulsés de l'école.

Trad. de FREDI

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Jugendliche filmen Angriff auf 15-jährige Schülerin mit Handy

Berlin (ddp-bln). In Berlin hat sich ein Fall von Happy Slapping («Fröhliches Schlagen») ereignet. Als eine 15-jährige Schülerin im U-Bahnhof Ullsteinstraße in Berlin-Tempelhof aus einem Zug der Linie U 6 ausstieg, trat ihr einer der Täter mit dem Fuß in den Rücken, wie ein Polizeisprecher in Berlin sagte. Ein anderer nahm den Angriff mit einem Handy auf. Durch den Fußstoß stürzte das Mädchen und verletzte sich. Das Phänomen des Happy Slapping stammt aus Großbritannien. Dabei verprügeln Jugendliche überraschend Passanten, filmen dies und versenden die Aufnahmen mit dem Handy.

Die Jugendliche gab laut Polizei zudem an, einer der Unbekannten habe ihr gegenüber gesagt, dass sie getreten worden sei, weil sie eine Deutsche ist. Die der Beschreibung nach südeuropäischen Täter blieb im U-Bahnwaggon und fuhren unerkannt in Richtung Kreuzberg weiter. Die Schülerin ging eigenständig zum Arzt.

04.05.2006 Sab, E110.de

 

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