Dernière mise à jour : 20/04/2004

 

Recevoir les confidences d'un enfant abusé

 

Enfant victime de maltraitance physique et / ou sexuelle

Premier dévoilement: Eviter la précipitation tout en songeant à faire cesser la commission des faits.

  • Quelques bonnes réactions:
    En cas de premier dévoilement, féliciter et remercier l’enfant d’avoir franchi le mur du silence, lui assurer votre soutien et préciser que vous aller entreprendre les démarches adéquates, mais surtout ne pas le condamner pour ce qui a pu arriver.
    Accompagner tant physiquement que psychologiquement l’enfant dans la démarche, que celle-ci soit judiciaire et/ou thérapeutique.
    Préconiser alors le discours spontané libre et non dirigé, en respectant le rythme de l’enfant et son souhait de communiquer ou non certains éléments.
    Retenir avec précision, voire noter, les mots utilisés par l’enfant ainsi que les circonstances qui ont permis le dévoilement.
    Conserver toute trace matérielle éventuelle en vue d’optimaliser l’enquête judiciaire éventuelle.
  • Quelques réactions à éviter:
    Éviter les ‘interrogatoires’ successifs de l’enfant par instituteur, médecin de famille, gynécologue, beaux-parents… Plus l’enfant sera interrogé, plus il aura le sentiment de ne pas être cru et donc sera susceptible de modifier le contenu de son récit ce qui le rendra alors moins crédible.
    Éviter dans le chef de l’adulte, une attitude culpabilisante par des paroles ou comportement à l’égard de l’enfant victime. Si l’enfant veut communiquer, éviter les questions suggestives qui sont de nature à contaminer son récit.
    Éviter les questions introduites par "pourquoi" car cela induit la notion de justification et donc, peut-être, de culpabilité. Même si cela ne semble pas évident, éviter dans le chef de l’adulte de communiquer à l’enfant, ses craintes, ses émotions et ses angoisses, auquel cas, ceci sera sans conteste, une source de victimisation secondaire qui influencera dans une certaine mesure l’enquête judiciaire éventuelle et l’équilibre psychologique de l’enfant.
    Lors de la dénonciation à l’autorité judiciaire, il est à proscrire que l’enfant soit présent afin que celui-ci ne modifie pas son récit en fonction de ce qu’il entend. En effet, le vocabulaire de l’adulte ne sera pas nécessairement une reproduction fidèle des termes qui auront été utilisés initialement par l’enfant.
    A proscrire, la prise de contact et/ou la confrontation victime/auteur présumé en vue de satisfaire dans le chef du(des) parent(s), le besoin légitime de ‘vérité’ immédiate.
  • A qui s’adresser et quand?
    Dénoncer les faits le plus rapidement possible à une instance officielle compétente, que ce soit du monde judiciaire et/ou du secteur psycho-médico-social, telle que: les services SOS-enfants les CPMS autres services d’aide officiels.
    Pensez à vous-même: Bien souvent, l’enfant n’est pas la seule victime. Vous, parents qui recevez la parole de votre enfant, risquez également d’être, dans une certaine mesure, victime de la situation. Aussi, n’hésitez pas à contacter, pour vous-mêmes, des personnes ressources qui seront à même de vous soutenir, vous conseiller et vous écouter.

Texte rédigé par l'inspecteur principal René STORMACQ police fédérale - service presse et public relations 2001© police belge