Dernière mise à jour : 19/05/2003

L'exploitation (sexuelle) des enfants est un phénomène mondial

Fugueurs en grand danger

 

« Un enfant qui disparaît est forcément en danger »

Ces affaires ne vous ramènent-elles pas à chaque fois à votre propre histoire ?
Alain Boulay(1).: Bien sûr. Ma fille Delphine a disparu comme le petit Jonathan.
Elle se trouvait fin août 1988 dans un camp de scouts à côté de Trouville lors de son enlèvement. Il a fallu douze jours avant de retrouver son corps. Pour moi, ma fille a toujours 10 ans. On a attendu près de deux ans pour retrouver son assassin, un récidiviste, avant que celui-ci ne soit jugé et condamné. J'ai eu alors envie d'aider ces personnes qui ont vécu ce même drame. A l'Apev, nous avons des groupes de parole. Ils ne savent pas toujours comment réagir avec leurs autres enfants. Leur deuil est impossible tant que le corps n'a pas été retrouvé. Les familles gardent toujours un petit espoir.

Ne considérez-vous pas que l'on doit prendre au sérieux chaque disparition ?
Effectivement, dès qu'un enfant disparaît, il est forcément en danger. S'il est parti volontairement, il est à la merci de n'importe qui ou d'un accident.

Ne devrait-on pas agir plus rapidement dès le signalement de la disparition ?
On observe que lorsque c'est un adolescent de 16-17 ans, il y a peu de recherches sur le terrain. Mais pour les enfants, les policiers ou les gendarmes ont toujours déployé de gros moyens.

La médiatisation de ce type d'affaire peut-elle faire avancer une enquête ?
Nous ne faisons jamais d'appel à témoins tant que nous n'avons pas discuté avec les policiers qui connaissent l'entourage de la jeune victime. La médiatisation tous azimuts me gêne. Il ne faut pas que les photos d'enfants disparus fassent partie du paysage urbain car plus personne n'y fera attention. Et puis un appel à témoins peut faire peur au jeune fugueur. Une mesure nécessaire serait dans certains cas de publier un avis de recherche envoyé aux médias et à toutes les associations qui pourront relayer l'information.

La coopération avec les autres pays est-elle efficace ?
Lors de la disparition de Jeanne-Marie, cela s'est bien passé avec les Allemands mais je pense que cela aurait été compliqué s'il avait fallu aller chercher un assassin outre-Rhin. Pour l'enquête sur Estelle, les policiers ont eu les pires difficultés pour aller entendre deux témoins en Pologne. C'est inadmissible.

(1) Alain Boulay est Président de l'Association APEV (Aide aux Parents d'Enfants Victimes
Téléphone de l'association : 01.46.48.35.94 ;

Propos recueillis par François Vignolle
Le Parisien , mardi 29 juin 2004

Témoignage du Canada, des faits dont on parle là-bas et dont personne n'a jamais entendu parler chez nous :

Ici au Canada, nous avons également beaucoup de mineurs qui sont pris en charge par des gangs de rues, ils vont les chercher dans les gares, le métro etc. ils les nourrissent, les habillent et, en retour, leur font faire de la prostitution.

La grande majorité sont des fugueurs, et ils n`ont nulle part où aller.

Il y a des travailleurs de rues qui, parfois en sauvent quelques-uns.

Les dernières nouvelles sont que dans la ville de Québec un très grand réseau de prostitution d'enfants a été démantelé et plusieurs personnes importantes arrêtées. Donc plusieurs jeunes ont ainsi été délivrés de leurs filets d'ordures qu'ils sont.

D'un correspondant de FREDI

Voyez également notre rubrique "News: viol, inceste, pornographie et prostitution"