«
Un enfant qui disparaît est forcément en danger
»
Ces
affaires ne vous ramènent-elles pas à chaque
fois à votre propre histoire ?
Alain Boulay(1).: Bien sûr. Ma fille Delphine
a disparu comme le petit Jonathan.
Elle se trouvait fin août 1988 dans un camp de scouts
à côté de Trouville lors de son enlèvement.
Il a fallu douze jours avant de retrouver son corps. Pour
moi, ma fille a toujours 10 ans. On a attendu près
de deux ans pour retrouver son assassin, un récidiviste,
avant que celui-ci ne soit jugé et condamné.
J'ai eu alors envie d'aider ces personnes qui ont vécu
ce même drame. A l'Apev, nous avons des groupes de
parole. Ils ne savent pas toujours comment réagir
avec leurs autres enfants. Leur deuil est impossible tant
que le corps n'a pas été retrouvé.
Les familles gardent toujours un petit espoir.
Ne
considérez-vous pas que l'on doit prendre au sérieux
chaque disparition ?
Effectivement, dès qu'un enfant disparaît,
il est forcément en danger. S'il est parti volontairement,
il est à la merci de n'importe qui ou d'un accident.
Ne
devrait-on pas agir plus rapidement dès le signalement
de la disparition ?
On observe que lorsque c'est un adolescent de 16-17 ans,
il y a peu de recherches sur le terrain. Mais pour les enfants,
les policiers ou les gendarmes ont toujours déployé
de gros moyens.
La
médiatisation de ce type d'affaire peut-elle faire
avancer une enquête ?
Nous ne faisons jamais d'appel à témoins tant
que nous n'avons pas discuté avec les policiers qui
connaissent l'entourage de la jeune victime. La médiatisation
tous azimuts me gêne. Il ne faut pas que les photos
d'enfants disparus fassent partie du paysage urbain car
plus personne n'y fera attention. Et puis un appel à
témoins peut faire peur au jeune fugueur. Une
mesure nécessaire serait dans certains cas de publier
un avis de recherche envoyé aux médias et
à toutes les associations qui pourront relayer l'information.
La
coopération avec les autres pays est-elle efficace
?
Lors de la disparition de Jeanne-Marie, cela s'est bien
passé avec les Allemands mais je pense que cela aurait
été compliqué s'il avait fallu aller
chercher un assassin outre-Rhin. Pour l'enquête sur
Estelle, les policiers ont eu les pires difficultés
pour aller entendre deux témoins en Pologne. C'est
inadmissible.
(1) Alain
Boulay est Président de l'Association APEV
(Aide aux Parents d'Enfants Victimes
Téléphone de l'association : 01.46.48.35.94
;
Propos
recueillis par François Vignolle
Le Parisien , mardi 29 juin 2004
Témoignage
du Canada, des faits dont on parle là-bas et dont personne
n'a jamais entendu parler chez nous :
Ici
au Canada, nous avons également beaucoup de mineurs
qui sont pris en charge par des gangs de rues, ils
vont les chercher dans les gares, le métro etc. ils les
nourrissent, les habillent et, en retour, leur font faire
de la prostitution.
La
grande majorité sont des fugueurs, et ils n`ont
nulle part où aller.
Il y
a des travailleurs de rues qui, parfois en sauvent quelques-uns.
Les
dernières nouvelles sont que dans la ville de Québec un
très grand réseau de prostitution d'enfants a été démantelé
et plusieurs personnes importantes arrêtées. Donc plusieurs
jeunes ont ainsi été délivrés de leurs filets d'ordures
qu'ils sont.
D'un
correspondant de FREDI
Voyez
également notre rubrique
"News:
viol, inceste, pornographie et prostitution"