«Ne va pas seul(e) au parc » ou « N’accepte pas de bonbons de la part d’inconnus » – nous tous avons connu dans notre enfance ce type d’avertissement. Les mesures de prévention dans le domaine de l’information et de l’éducation se sont longtemps limitées à mettre en garde les enfants contre des agresseurs potentiels inconnus. Ce type de démarche procure toutefois une sécurité trompeuse. Il suscite des peurs diffuses chez les enfants et restreignent leur liberté de mouvement. Les enfants très sages, peu autonomes et craintifs risquent davantage d’être victimes de la violence sexuelle.
Si elle se veut efficace, la prévention tient compte aujourd’hui du fait que la plupart des agressions sexuelles ont lieu au sein de la famille ou dans l’environnement social proche. Elle vise de ce fait à consolider chez les enfants leur assurance et à encourager leur autonomie. Elle informe aussi filles et garçons de ce qui peut se produire en cas de violence sexuelle et les renseigne sur des moyens d’action concrets. Les enfants bien informés qui se sentent sûrs d’eux et forts sont plus aptes à reconnaître les agressions sexuelles et à se défendre. Mais la responsabilité de la protection contre la violence sexuelle ne saurait en aucun cas être déléguée uniquement aux enfants ; elle relève en premier lieu du ressort des adultes. Une prévention durable présuppose une attitude éducative à effet continu qui renforce, chez les enfants, leurs ressources et leurs droits. Les responsables de l’éducation sont donc appelés à réfléchir eux-mêmes à la problématique de la violence sexuelle, à repenser leur attitude personnelle face à la sexualité, au pouvoir et aux limites et à mettre en pratique au quotidien, dans leur éducation, les messages de prévention.
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