
| Alerte enlèvement, lettre ouverte à la Conseillère fédérale du DFJP |
|
1706 Fribourg, le 10 mars 2009 Alerte enlèvement : Lettre ouverte l Madame la Conseillère fédérale, Vous n’ignorez certainement pas le travail de la Fondation F.R.E.D.I., sa correspondance avec vos prédécesseurs et, plus récemment, le dépôt de sa pétition « Pour une alerte enlèvement au niveau national » auprès de la Chancellerie fédérale, en juillet 2008, avec plus de 30.000 signatures de personnes majeures et domiciliées en Suisse exclusivement. Notre démarche représente donc un sondage sérieux de la population, qui s’insurge qu’une démarche citoyenne soit nécessaire pour que notre gouvernement adopte une stratégie de lutte contre les enlèvements de mineurs d’âge qui a fait ses preuves en Amérique, au Canada et, plus récemment, en France.Vous connaissez également l’engagement de ce jeune valaisan, Jonathan Cretton, qui a créé, à ses frais et sur son temps libre, le module informatique destiné à la diffusion de l’alerte par les média. Vous n’ignorez pas, non plus, que ces mêmes média, ainsi que les services de téléphonie se disent prêts à collaborer pour la diffusion d’une alerte enlèvement.Deux motions en ce sens ont été déposées aux Chambres l’automne dernier, rappelées à l’actualité par l’interpellation du Conseiller aux Etats Didier Burkhalter, le 17 septembre 2008. La presse n’est pas en reste pour réclamer la mise sur pied, sans délai, de ce dispositif, on l’a vu avec l’enlèvement tout récent de la jeune Lucie. Vous ne pouvez, dès lors, qu’être convaincue de cet état de fait: Le peuple suisse veut, exige une alerte enlèvement qui couvre l’entier du territoire national. Le fédéralisme n’a plus sa raison d’être dans notre société actuelle pour ce qui touche à la criminalité. L’Amérique a bien outrepassé le fédéralisme dans ce domaine, pourquoi la minuscule Suisse n’y parviendrait-elle pas ?L’été dernier, il a d’ailleurs été question, au Parlement européen, d’une alerte européenne, projet qui s’est dégonflé devant le refus du « grand frère » d’Allemagne d’y participer, alors que les enlèvements d’enfants dont on n’a plus aucune trace y sont, chez lui, dramatiquement élevés… Une tentative a alors été lancée par la France pour coordonner les systèmes nationaux de signalement d’une disparition. Encore faut-il que les nations en aient un !Si des essais, conduits avec le BeNeLux et la Grande-Bretagne ont donné satisfaction, il nous paraît utile de relever que les Autorités respectives des pays concernés par cet essai étaient sur pied de guerre : Elles étaient averties et se savaient observées. Il en est tout autre dans la vie quotidienne, où l’actualité surprend constamment et demande, pour être efficace dans les réponses données, l’existence d’une logistique existante. L’ancien vice-président de la Commission européenne, Franco Frattini, a chaleureusement approuvé et encouragé notre engagement dans la voie de l’adoption, par notre pays, de l’alerte enlèvement. Plusieurs parlementaires soutiennent notre idée et l’enrichissent de leurs propositions.Alors, combien faudra-t-il encore de drames pour que l’attentisme fasse place à l’action? Votre corps de mère n’a-t-il pas tremblé lors des deux drames, récents, que la Suisse a connus ? Ne tremble-t-il pas à chaque fois que vous lisez ou entendez le relief de tels drames chez nos voisins ? Une petite voix intérieure ne vous dit-elle pas que vous tenez, entre vos mains, le pouvoir de signifier aux criminels que notre pays refuse qu’ils touchent à nos enfants et qu’il met les moyens pour les en empêcher. L’alerte-enlèvement est l’un d’eux, qui a le mérite de mieux appliquer les articles 34 et 35 de la CDE, ratifiée par la Suisse en 1997. Aujourd’hui seulement, nous venons vous prier d’agir parce que nous avons respecté votre surcharge de travail durant l’hiver. Mais le temps presse. Il ne faut pas se demander si de nouveaux drames vont se produire, mais quand. Jusqu’à aujourd’hui, notre Fondation a agi contre les enlèvements/disparitions à travers ses actions de prévention et d’information, ainsi que dans le relais des avis de disparitions qui lui parviennent. Elle se pose actuellement la question si elle doit aussi prendre l’initiative de l’organisation de l’alerte enlèvement, comme elle a pris l’initiative de sonder l’avis de la population suisse à ce sujet, avec sa pétition. C’est une voie qui n’’est plus à exclure, étant donné le manque de collaboration des corps de police cantonaux entre eux et avec nos services. Votre engagement actif est attendu non seulement par notre Fondation, mais surtout par le peuple suisse excédé, qui n’acceptera plus de nouveaux délais « fédéralistes ».Dans l’attente de vous lire ou de vous rencontrer, nous vous adressons, Madame la Conseillère fédérale, nos salutations les meilleures. Diane Burgy Directrice de la Fondation F.R.E.D.I. |
|
| Dernière mise à jour : ( 25-03-2009 ) |
| < Précédent | Suivant > |
|---|



