
| A propos de la garde alternée |
DEVENIR DES ENFANTS APRES SEPARATION DES PARENTSLe double enthousiasme manifesté par les Etats généraux de la famille, suivis par La Ligue des familles, aussi bien pour l'intérêt de la garde alternée que pour l'idée d'un règlement de cette question par une loi civile , ne sont pas sans me préoccuper. Discutons d'abord le second point : depuis quelques temps, les ingérences inutiles de l'Etat dans le privé des familles et des groupes se multiplient et déresponsabilisent les acteurs de première ligne : on ne pourrait bientôt plus toucher ses enfants pour les remettre à l'ordre ; les instits doivent suivre des règles précises, sauce Nollet, en matière de devoirs scolaires, etc.Notre société se robotise sous le poids des décrets et des lois qui règlementent le quotidien, souvent concoctés par des ministres en surnombre et en mal de justifier leur emploi. Personnellement, j'attends d'une secrétaire d'Etat à la famille qu'elle promeuve les intérêts de celle-ci, pas qu'elle l'installe dans des carcans rigides. Il y a d'ailleurs un paradoxe énorme entre le droit reconnu aux deux parents d'exercer la fonction parentale après séparation et le fait que ce soit ici l'Etat qui l'exercerait à leur place, quand ça touche à une décision fondamentale. Les parents sont grands assez pour réfléchir à l'intérêt de leurs enfants dans ces circonstances ; ils peuvent se faire aider par des professionnels, par ex. des médiateurs. Et s'ils n'y arrivent pas, des recours judiciaires sont prévus. Faut -il vraiment en plus une loi qui ligote tout le monde dans un standard.contestable en tant que standards? Quant à l'intérêt même de la garde alternée, à mes yeux, c'est une mesure parmi d'autres, la meilleure dans certains cas, mais pas « la règle » et l'idéal comme on le suggère. Pour penser à l'appliquer, quatre conditions au moins doivent être réunies :
Toutes ces conditions ne sont pas réunies si souvent qu'il n'en a l'air, outre l'exception déjà signalée des enfants de moins de 3,4 ans qui ont bien besoin d'une stabilité principale dans leurs repères. Et même quand elles sont réunies, et pour peu que ce ne soit pas ardemment que l'enfant la demande, mais plutôt mollement, personnellement, je ne suis pas persuadé de l'intérêt supérieur de la formule par rapport à une autre, où il y aurait bien un lieu de vie quotidien principal pour l'enfant, mais où l'on aurait aidé les parent à retrouver la paix dans l'exercice de la fonction parentale : alors, les visites à l'autre parent seraient conçues sur un mode très souple, et sa participation à l'éducation serait très effective.. Dans un tel contexte, de grandes réorientations pourraient exister, décidées à l'amiable, de loin en loin : par ex. , tel ado garçon pourrait demander à aller vivre chez son père.il faudrait pouvoir lui dire oui. Pr Jean-Yves Hayez Responsable de l'Unité de pédosychiatrie aux cliniques universitaires Saint-Luc à Bruxelles |
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| Dernière mise à jour : ( 18-03-2011 ) |
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