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Un dangereux prédateur s'apprêtait à kidnapper des fillettes en jouant au "docteur"
Images pédophiles, exhibition, attouchements à H. et enfin agression sexuelle à S,. Le « chasseur » s'enhardissait. Cet homme a été condamné, hier à C. à sept ans de prison ferme.
« Un véritable prédateur », dénonce Me Meunier, avocate de l'une des petites victimes. « Un chasseur qui s'est enhardi progressivement », pense Laurent Guy, vice-procureur. L'homme devait répondre, hier devant le tribunal correctionnel de C., d'exhibition et agressions sexuelles, ainsi que de détention d'images de mineurs à caractère pornographique.
« Bien inséré dans la société et parfaitement indétectable », souligne le parquet, l'accusé a d'abord téléchargé des images pédophiles sur Internet. « Des photos particulièrement répugnantes », note la présidente Dominique Lehn. Les fichiers, « cryptés par des mots de passe extrêmement complexes », contenaient aussi des photos prises à l'insu de personnes. « Vous êtes aussi voyeur », poursuit la présidente.
« Je vivais dans le fantasme »
« Irrésistiblement entraîné par sa fascination », concède Me Salichon, son conseil, le mis en cause va plus loin. Le parquet parle d'« une escalade inquiétante ». Ce père de deux enfants suit les petites filles à la sortie des écoles. Chez lui, les enquêteurs ont retrouvé des plans manuscrits des endroits où il les accostait en se faisant passer pour « le nouveau docteur ». Des plans annotés d'« appréciations » : « ronde », « petits seins » et même « miam ».
« C'est un moment déplorable de mon existence, où je vivais dans le fantasme », dit-il. Dans les toilettes du centre socioculturel de H., le 6 mai 2002, il touche le torse et le bas-ventre d'une fillette de six ans. Le 19 décembre 2002, à S., il exhibe son sexe à la vue d'une autre.
A S. toujours, le 22 juillet 2003, il jette son dévolu sur une petite de neuf ans. « C'est la première fois qu'on l'avait autorisée à se promener seule », se désole la maman. « L'agression a duré quelques minutes, mais cet homme a traumatisé une vie entière », dit Me Monheit, partie civile.
« Le kit du parfait kidnappeur »
Le rendez-vous qu'il fixe à sa victime le samedi suivant le perdra. Dans le coffre de sa voiture, un sac contient bonbons, string, porte-jarretelles, gants latex, gel, préservatifs, mais aussi éther, chiffon, calmants, ruban adhésif et cordes.
« Le kit du parfait kidnappeur », dit Mme Lehn. « C'était par fétichisme. Je n'étais mû par aucune mauvaise pensée », assure le prévenu, « affabulateur et manipulateur » d'après le psychologue. Pour l'un des psychiatres, « la perversité clinique est constituée ». Son confrère parle de déni de responsabilité. Aux enquêteurs, le pédophile s'était dit « indigné » par l'attitude de sa dernière victime. Il certifie avoir changé en détention, reconnaît sa responsabilité et demande « pardon » aux familles.
Le vice-procureur requiert six ans de prison. L'homme a été condamné à sept ans ferme et maintenu en détention. Déchu de ses droits civiques, civils et de famille, il devra verser un total de 14 800 € de dommages et intérêts. En prison, l'homme a écrit à une association de protection de l'enfance. Son suivi socio-judiciaire lui interdira d'entrer en relation avec des mineurs.
Régis Schneider, LES DERNIERES NOUVELLES D'ALASACE (4 septembre 2004)
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