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Des enfants vendus 80.000 dollars par des réseaux clandestins d'adoption
Des réseaux clandestins proposent au Guatemala des enfants à adopter à des prix allant de 40.000 à 80.000 dollars selon que les parents soient japonais, européens ou américains.
"Dans le bureau d'un notaire, nous avons rencontré des factures de 60.000 dollars voire 80.000 dollars pour chaque adoption", a indiqué à l'AFP une source judiciaire qui a demandé l'anonymat.
"Selon le notaire que nous avons interrogé, le montant de ces factures comprend également les soins apportés aux enfants, les salaires des gens qui s'en occupent et la réalisation de différents documents administratifs", a ajouté cette personne qui enquête sur 85 enfants guatémaltèques adoptés ces derniers mois par l'intermédiaire de réseaux clandestins.
Les témoignages recueillis par les enquêteurs indiquent que les prix sont plus élevés lorsqu'il s'agit de parents américains mais que pour des familles venues du Japon, voire d'Europe, ces transactions sont facturées généralement entre 40.000 et 60.000 dollars.
Selon les autorités guatémaltèques, quelque 3.000 enfants, en grande majorité âgés de moins d'un an, sont vendus chaque année par ces réseaux.
Sandra Sayas, la juge en charge des dossiers, estime que des bandes bien organisées ont constitué au fil des années des réseaux trés difficiles à démanteler.
"La soustraction des enfants s'effectuent grâce à des complices qui travaillent dans des hôpitaux, explique-t-elle. Ce sont des médecins, des infirmières ou des employés chargés du nettoyage. Puis il y a des notaires qui valident de faux actes de naissances obtenus en corrompant des fonctionnaires", ajoute-t-elle.
"Certains chauffeurs de taxi sont même impliqués dans l'obtention de faux documents administratifs, voire dans le racolage de mères démunies désirant se séparer de leur enfant ou de parents étrangers qui désirent entrer en contact avec ces réseaux", assure Sandra Sayas.
Selon la juge, en raison des législations en vigeurs aux Etats-Unis et au Canada, seuls les enfants qui sont adoptés par des parents américains ou canadiens disposent d'un test ADN appportant ainsi la preuve que la mère naturelle a autorisé l'adoption.
Dans les autres cas, l'enfant peut quitter le Guatemala sous un fausse identité, avec des faux documents, car les preuves ADN ne sont pas réclamées par une grande majorité de pays européens ou asiatiques.
Ces dernières semaines, plusieurs réseaux ont toutefois été démantelés au Guatemala et au Costa Rica.
A chaque fois, la police a découvert des dizaines de bébés rassemblés dans des maisons vétustes et vivant dans des conditions sanitaires difficiles, dans l'attente d'être adoptés par des parents étrangers qui ne soupçonnent pas le traitement infligé à ces enfants durant les premiers mois de leur vie.
Document envoyé par V.R., de Belgique
GUATEMALA, 23 sept (AFP)
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