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Mouradi, 5 ans, et son père ont disparu après l’assassinat de la mère. Le parquet de Saint-Etienne a annoncé l’ouverture de deux informations judiciaires.
Une jeune réfugiée géorgienne découverte égorgée dans un bois près de Saint-Etienne (Loire). Son fils de 5 ans et son compagnon introuvables depuis plus de deux semaines. Voilà les éléments de l’énigme posée aux enquêteurs de la section de recherche de la gendarmerie de Lyon (Rhône). Hier soir, le procureur de Saint-Etienne a ouvert une double information judiciaire pour « assassinat » et « séquestration ».
Pour l’instant, les enquêteurs privilégient deux hypothèses : celle d’un drame familial suivi de la fuite du père et de son enfant ou celle d’un règlement de comptes sur fond d’immigration clandestine et de racket.
Inga retrouvée égorgée
Le mystère débute à Graix, un petit village dans les monts du Pilat sur les hauteurs de Saint-Etienne. Le 13 novembre, une promeneuse remarque une flaque de sang un peu à l’écart du sentier qui serpente dans la forêt. Elle s’approche et découvre, sous une branche, le corps d’une femme. Sur place, les enquêteurs constatent que la victime est une femme « jeune, entre 25 et 30 ans ». Elle porte une plaie à la tête et a été égorgée avec un couteau. L’autopsie évalue la mort de la jeune femme à quarante-huit heures avant sa découverte, soit le 11 novembre. La jeune femme a été tuée sur place, à plusieurs centaines de mètres de la première route carrossable. « On a dû la contraindre jusqu’au bout pour venir ici », lâche un enquêteur.
Pendant plusieurs jours, les enquêteurs peinent à identifier la victime. Jusqu’à ce qu’un autre fait mystérieux survenu à Saint-Etienne intrigue les gendarmes. Depuis le 7 novembre, un couple de réfugiés géorgiens, Inga Vatcharia, Alouda Gasviani et leurs fils Mouradi, âgé de 5 ans, n’ont plus donné signe de vie. Le garçonnet devait reprendre l’école le 9 novembre à la rentrée des vacances de la Toussaint. L’appartement de la famille est visité par les enquêteurs. Rien de suspect. Pas de traces de lutte. « Un intérieur modeste mais aucun signe d’une fuite précipitée ou d’un départ organisé. Toutes les affaires étaient là », soulignait hier soir Jacques Pin, le procureur de Saint-Etienne. Un prélèvement ADN réalisé dans l’appartement et comparé à celui de la jeune inconnue du Pilat dont les résultats sont tombés ce week-end a permis de confirmer que le cadavre est bien celui d’Inga Vatcharia.
Son époux est arrivé en France clandestinement
Cette famille géorgienne s’était fait prêter cet appartement de Saint-Etienne par une association. Alouda Gasviani, âgé de 32 ans, était arrivé en France clandestinement en 2007 avant de faire venir plus tard sa compagne et son fils. Depuis, toute la famille avait fait une demande d’asile. « Pour nous, ils étaient en règle. D’ailleurs leur enfant était scolarisé et les deux parents s’occupaient apparemment bien de lui, et venaient le chercher à l’école », précise encore Jacques Pin.
Un élément trouble cependant les responsables de l’enquête. Il y a quelques mois, le mari est contrôlé par la police. Il est en règle mais indique aux policiers qu’il est arrivé en France par le biais d’une filière de passeurs. Le prix à payer était de 5 000 €. A-t-il réglé cette dette aux passeurs ? La famille était-elle victime de chantage de la part du réseau de passeurs ? Ce sont des questions qui se posent aujourd’hui. Les enquêteurs n’écartent pas non plus un drame familial et la fuite du père et de son fils.
Source : Le Parisien
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