Une ado se suicide après la diffusion de photos intimes

Juliette, 15 ans, s’est donné la mort après la publication de selfies dénudés. Sa mère porte plainte.

Des photos dénudées d’une jeune fille ont été diffusées de portable en portable parmi les élèves de son lycée, la poussant au suicide

Dans la matinée du 3 mars 2016, l’adolescente quitte sa mère après l’avoir, comme toujours, embrassée. Au lieu de se rendre au lycée où elle est en seconde, elle se place au milieu de la voie ferrée : le conducteur du train ne peut rien faire pour l’éviter.

L’enquête de police auprès des proches de Juliette et surtout au sein du lycée aboutit rapidement : depuis plusieurs semaines circulaient des photos personnelles, voire intimes, de la jeune fille. Qui ne l’a pas supporté. Au point d’avoir fait une première tentative de suicide dans une petite gare : ses amies l’ont retenue. « Juliette leur a juré qu’elle ne recommencerait pas et leur a fait promettre le silence », a déclaré Véronique, la mère de l’adolescente.  Infirmière, la mère assure avoir mis en garde sa fille sur les dangers des réseaux sociaux. Deux fois par mois, elle vérifiait le compte Facebook de Juliette, lui demandant de retirer des photos où elle apparaissait trop maquillée.

Servir d’exemple

Et d’évoquer l’épisode qui a abouti à la tragédie : « Alors collégienne, Juliette a eu voici deux ans une relation sexuelle avec un élève. –Elle n’avait que 13 ans! (note de FREDI) Ce dernier l’aurait ensuite menacée de la décrire comme une salope si elle ne lui envoyait pas un selfie d’elle-même dénudée. Elle s’est exécutée. » L’intervention discrète du frère aîné de Juliette a, semble-t-il, permis de régler le problème. Momentanément, car les photos sont récemment réapparues et ont circulé de téléphone portable en téléphone portable dans le lycée de la jeune fille.

S’y est ajoutée la classique rumeur. « On n’était au courant de rien, on a découvert l’existence de ces photos le jour du suicide. Juliette devait avoir honte, elle ne voulait pas qu’on la voie comme une mauvaise fille. Elle ne voulait pas nous décevoir », pense sa mère. Cette dernière a déposé une plainte pour atteinte à l’intimité de la vie privée : « Avec ces photos, ils ont bousillé une famille. Ces sales gosses ont fait du mal à tout le monde : ils doivent payer », estime-t-elle.

« Que cette mort ne reste pas impunie et qu’elle serve d’exemple sur les ravages des réseaux sociaux et du harcèlement moral.  »

Publié le 09/03/2016 Le Point.fr

Que ce soit dans le cadre d’un « revenge porn » (contenu sexuellement explicite, publiquement partagé en ligne sans le consentement de la ou des personnes apparaissant sur le contenu) ou de toute autre volonté de nuire, il n’est pas normal qu’une ado puisse diffuser une photo d’elle dans une pareille situation. Il ne faut toutefois pas accablée cette seule adolescente et son entourage, il faut aussi se pencher sur le cas de ceux qui ont rendu publique ce genre d’image. Ici il a une nouvelle fois un problème d’éducation au danger des médias et notamment des photos et vidéos.

http://pyrros.fr/revue-de-web/mort-selfie-avec-son-arme/

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Depuis le début de cette année 2015, les selfies ont fait plus de victimes que les requins. Selon le site Mashable.com, douze personnes seraient mortes en voulant réaliser un autoportrait avec leur smartphone contre huit dans des attaques de squales.
Dernier décès en date causé par un selfie, celui d’un touriste japonais en Inde. Voulant immortaliser sa visite au Taj Mahal, l’homme a trébuché dans les escaliers, sa tête heurtant violemment les marches. Les chutes sont la principale cause de décès par selfies. Viennent ensuite les accidents de train, les victimes se faisant faucher au moment de réaliser leur photo

http://www.tdg.ch/vivre/Les-selfies-tuent-plus-que-les-requins/story/18238533