22 étudiants ont disparu après une soirée arrosée en France dans un intervalle de deux ans et ont été retrouvés noyés.

(classés sous accident)

Vraiment un accident ou un « serial-pousseur » ?

 

 

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Alcoolisation excessive : après une série de noyades, Bordeaux agit

Après le décès par noyade de cinq jeunes en dix mois, la préfecture de la Gironde lance un « plan d’action ». Le but : lutter « contre le phénomène d’alcoolisation excessive » dans le centre de Bordeaux.

Objectif : « éviter tout nouveau drame ». Après le décès par noyade de cinq jeunes en dix mois, la préfecture de la Gironde a décidé mercredi « de mettre en oeuvre un plan d’action » afin de lutter « contre le phénomène d’alcoolisation excessive » dans le centre de Bordeaux.

« En raison de l’augmentation sensible des procédures pour vente d’alcool au-delà des horaires autorisés, de l’augmentation des plaintes pour tapages nocturnes, rixes et agressions, et à la suite des disparitions dramatiques liées à des phénomènes d’alcoolisation massive (..) le préfet a décidé de mettre en oeuvre un plan d’action afin d’éviter toute dérive, tant en matière de santé publique que de risque de trouble à l’ordre public », indique la préfecture dans un communiqué.

 Un appel aux parents

Ce plan, « largement orienté vers la prévention », s’articule autour de cinq mesures. Parmi elles :

  • « un dispositif de surveillance fluviale nocturne le long des quais de la Garonne » où les cinq jeunes sont morts.
  • Autre mesure : le respect de l’interdiction de transport et de consommation d’alcool sur la voie publique. La préfecture avait par ailleurs déjà pris un arrêté limitant les horaires d’ouverture des commerces vendant des boissons à emporter à minuit, et non plus deux heures du matin.
  • Elle a également annoncé la création d’une « commission des soirées festives » chargée « d’accompagner les associations étudiantes dans l’organisation de soirées exemplaires » ou encore « d’éclairer l’action des différents partenaires pour organiser des dispositifs de raccompagnement et limiter la consommation d’alcool ».

Ce plan d’action « limité dans le temps » donnera lieu à une évaluation d’ici le 1er novembre afin « de poser les bases d’un dispositif durable et partagé », conclut la préfecture. Vendredi, le maire de Bordeaux, Alain Juppé, avait estimé que prévention et répression étaient « absolument indispensables » en lançant un appel aux parents pour qu’ils sensibilisent leurs enfants aux dangers de l’alcool. L’élu notait que ce phénomène « n’est pas Bordelais, (mais) national, européen, même mondial », même si à Bordeaux la présence du fleuve « rend les choses plus dangereuses ».

16 mai 2012  http://lci.tf1.fr/france/societe/alcoolisation-excessive-apres-une-serie-de-noyades-bordeaux-7251802.html

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Les disparitions alcoolisées prennent un tour politique

Alors que la famille de Vincent Zecca a déposé plainte pour homicide, persuadé que quelqu’un a tué son fils, les disparitions inquiétantes sur fond d’alcool à Bordeaux continuent à nourrir la chronique. L’opposition accuse.

Commerçants en colère de devoir fermer plus tôt, famille de victime persuadée qu’on ne lui dit pas tout, opposition dénonçant l’absence de prévention : à Bordeaux, la chute mortelle en moins d’un an dans la Garonne de cinq jeunes, apparemment ivres, est devenu un sujet  sensible. Au point que la police refuse de s’exprimer sur le sujet, privilégiant toujours la thèse de noyades accidentelles.

La famille de l’avant-dernière victime, Vincent Zecca, 19 ans, ne veut pas y croire. Jeudi, son avocat, Me Victor Gioia, a déposé une plainte pour « homicide volontaire », estimant que des « éléments troublants » justifiaient la saisine d’un juge d’instruction.

Des familles commencent à réagir, même des familles dont les affaires ont été classées (comme accidents) depuis plusieurs années », affirme Sylvie Zecca, mère de Vincent, refusant toutefois de révéler leur identité. Elle ajoute « n’avoir toujours pas eu les résultats d’autopsie » de son fils. Mais il n’y a pas de consensus parmi les victimes : la famille du dernier jeune homme, Julien Teyssier, dont le corps a été retrouvé le 9 mai, dit croire à l’accident, après avoir toutefois initialement avancé le

contraire.

L’opposition municipale demande un « débat »

Mais l’opposition municipale s’est emparée du sujet du « triste record » de Bordeaux. L’initiateur en est l’élu PS Matthieu Rouveyre, qui dit avoir surtout souhaité un « débat » et regretter que mairie, communauté urbaine et conseil régional, n’aient pu prendre des mesures de prévention concertées. Pour lui, il faut placer des sanisettes le long des quais, afin d’éviter la tentation d’uriner dans le fleuve, augmenter les patrouilles et rajouter des transports publics de nuit.

« Nous n’avons attendu personne pour avoir une politique de prévention et de sécurité sur la suralcoolisation », se défend Jean-Louis David, adjoint au maire Alain Juppé chargé notamment de la police municipale.

Soulignant que le phénomène touche d’autres villes, il assure que l’on a noté chez les victimes « une suralcoolisation extrême, voire la consommation d’autres substances diverses » et appelle chacun à « être responsable de ses faits et gestes ». La mairie a intensifié les rondes de nuit et les actions de sensibilisation et la préfecture a interdit l’ouverture des épiceries au-delà de 22h pour éviter la vente d’alcool, a-t-il rappelé.

Les épiciers : « On nous prend pour des boucs émissaires »

Une mesure qui a aussi suscité l’ire des commerçants. « On nous prend pour des boucs émissaires », s’énerve Daniel Seban, président de l’association des petites alimentations girondines, estimant qu’elle privera les épiciers « de 50% de leur chiffre d’affaires » alors qu’un précédent arrêté, de 2009, interdit déjà la vente d’alcool à emporter après 22h.

Alain Juppé « a réussi » à donner à Bordeaux une excellente image, admet M. Rouveyre. « Mais quand cela commence à gêner, on enterre, c’est l’omerta », déplore-t-il. « L’image de Bordeaux est très bonne et le demeurera », rétorque Jean-Louis David en assurant que « la mobilisation est générale » pour combattre le phénomène.

Dossier lié : Disparitions inquiétantes à Bordeaux

http://www.francesoir.fr/actualite/faits-divers/bordeaux-les-disparitions-alcoolisees-prennent-un-tour-politique-230665.html