Durant les premières heures, une seule pensée: »Surtout, ne pas être vu/e »

Pour que de tels drames- ci-dessous-  ne se reproduisent si possible pas, il ne faut pas tarder à annoncer la « fugue » (départ brutal de son foyer familial ou d’accueil) de son enfant et contrôler si l’annonce est suivie d’effets.

O., 15 ans, disparue le 9 mai à Liège, est retrouvée morte à Bruxelles

LIEGE – Le cadavre d’O. B., une adolescente de 15 ans qui avait quitté brusquement le domicile parental, a été retrouvée morte sur un banc de la gare du Midi à Bruxelles . Elle n’a pu être identifiée que le lendemain,en fin de journée, grâce à un bracelet qu’elle portait. Elle serait morte des suites d’une overdose, selon les résultats de l’autopsie, des prélèvements ont eu lieu aux fins d’analyses toxicologiques.

O. avait disparu quelques jours avant son décès. Au moment de sa disparition, elle était porteuse d’un abonnement de bus et d’une attestation de perte de carte d’identité.
Vraisemblablement, ses documents lui ont été enlevés par la personne qui lui a fourni la drogue et qui l’a vue mourir, afin de retarder son identification.

Depuis le début de l’année, O. avait déjà  plusieurs absences à son actif. On sait qu’elle fréquentait le milieu des SDF Liégeois où, selon des proches, elle disait se sentir en sécurité.

Deux personnes avaient été vues en sa compagnie au moment de sa disparition. Ils sont recherchés activement. L’affaire a été confiée à un juge d’instruction bruxellois.

La dernière heure, 26.05.2006

Aucun avis de recherche n’a été diffusé. Ni le site de Child Focus, ni celui de la Police Fédérale, ni les médias n’ont relayé l’annonce de cette disparition. Seule, une dépêche Belge a circulé

Il faudra deux semaines avant que la dépêche suivante soit diffusée :

Time: 16:24
Date: May 23,2006
Sender Name: Police Fédérale

AVIS DE RECHERCHE-Disparition d’une mineure d’âge à (masqué)

A la requête du Procureur du Roi de Liège et en collaboration avec Child Focus, la Police nous demande de diffuser l’avis suivant

Le mardi 09 mai dernier, vers 07.00h, O. B., âgée de 15 ans, quitte son domicile à C. ( adresse masquée) Elle n’a plus donné signe de vie depuis.

O. aurait été aperçue pour la dernière fois le même jour, vers 21.15h, dans un bus de la ligne n°9 du TEC-Liège, assurant la liaison LIEGE-HUY. Elle serait descendue au terminus, c-à-d à la gare de HUY. Elle aurait été accompagnée de 2 personnes  (..)

Si vous avez vu O. ou si vous connaissez l’endroit où elle se trouve, veuillez prendre contact avec les enquêteurs via le numéro de téléphone gratuit 0800 / 91.119 ou avec le poste de police le plus proche.

Il est également demandé à O. de se manifester afin de rassurer ses proches.

Police Fédérale
Service TV
Tel 02/642.66.62

Si l’avis de disparition n’a pas été relayé sur le site de Child Focus, ni le site de la Police Fédérale, ni dans les médias, il y a pire:

Le 25 mai, dans son édition du 19h00′, RTL-TVI annonce que le corps de cette jeune fille a été retrouvé à Bruxelles, gare du Midi où elle serait décédée d’une overdose le 22 mai !

La dépêche signalant la disparition est donc postérieure au décès..!

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EN « FUGUE », EN DANGER

La fugue n’existe pas au regard de la loi: il s’agit donc d’une disparition comme une autre. Un fugueur multi-récidiviste, s’il est signalé, doit faire l’objet du même dispositif de recherche qu’un enfant impliqué dans une affaire d’enlèvement. Un mineur qui ne rentre pas dans sa famille/dans son foyer est un mineur en danger.

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 Seulement quelques exemples

Le corps sans vie d’une jeune fille de 17 ans, qui avait disparu une semaine auparavant, a été retrouvé au pied d’un banc dans un jardin public.

(..)

« Tout laisse à penser qu’il s’agit d’un tragique accident.La victime a malheureusement dû mourir de froid dans la nuit. Le médecin légiste n’a relevé aucune trace suspecte sur son corps, ni coup, à l’exception sans doute de celui résultant de sa chute du banc où elle devait dormir. Sur elle, nous avons d’ailleurs retrouvé son portable ainsi que ses affaires personnelles telles que son portefeuille.

Comment ce drame a-t-il bien pu arriver ? La jeune fille, qui avait « fugué » du domicile familial  à la suite d’une dispute avec ses parents, avait-elle ingéré de l’alcool ou des produits illicites ? Ou s’est-elle ankylosée sur le banc, éreintée par le froid, le manque de sommeil et sans doute de nourriture ? Autant de questions qui restent sans réponse.

Pour autant, bien que la piste criminelle s’éloigne, une autopsie du corps a été effectuée afin d’en savoir plus sur les circonstances de sa mort. »
(..)

http://archives-lepost.huffingtonpost.fr/article/2011/01/23/2380210_une-ado-de-17-ans-retrouvee-morte-de-froid-apres-une-fugue.html, 23.01.2012


 

Huit personnes poursuivies pour des «tournantes» avec une mineure

 » Huit personnes, dont trois sont mineures, ont été mises en examen par un juge d’instruction de Carpentras (Vaucluse) pour «proxénétisme et viols aggravés», a-t-on appris vendredi de source judiciaire.
Elles auraient imposé des «tournantes» à une adolescente de 14 ans dans les caves d’une cité de Carpentras, précise-t-on de même source. La victime était en fugue du domicile de ses parents.

ASSOCIATED PRESS


 

Un homme de 38 ans violait et prostituait une « fugueuse » de 15 ans 

Un homme de 38 ans a été mis en examen vendredi à Créteil pour avoir prostitué et violé une « fugueuse » de 15 ans, retrouvée saine et sauve mardi. Poursuivi pour «viols» et «proxénétisme aggravé», le suspect a été interpellé mardi après s’être rendu chez les parents de la jeune femme au Kremlin-Bicêtre (Val-de-Marne) pour leur soutirer de l’argent en échange de renseignements permettant de localiser leur fille.
Peu après l’interpellation, les enquêteurs avaient retrouvé la « fugueuse » qui s’était enfuie du domicile familial, fin octobre.
Pendant son errance, cette jeune femme en rupture et qui «n’a pas froid aux yeux», selon les enquêteurs, a croisé la route du suspect. Il lui a proposé d’être son proxénète, lui a acheté des vêtements et lui a présenté des clients dans les Hauts-de-Seine.

«Elle se prostituait mais ne touchait pas un sou. Ils se sont plusieurs fois disputés à ce sujet. L’homme a violemment réagi et lui a imposé des relations sexuelles», explique une source judiciaire qui précise que le suspect, très connu des services de police, devrait être placé en détention provisoire «étant donné son pedigree et la gravité des faits». La décision sera prise par un juge des libertés et de la détention (JLD).

AC2010,   leparisien.fr

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Deux adolescentes portées disparues contraintes à la prostitution

L’avis de disparition de deux jeunes filles  polonaises a permis de remonter jusqu’à deux individus qui forçaient deux jeunes « fugueuses » à la prostitution. Une piste vers l’Allemagne ayant été découverte pour l’une d’elle. Lorsque la police se présenta, celle-ci montra un passeport falsifié au nom d’une autre femme. L’autre jeune fille fut également découverte et confiée à un organisme de protection des mineurs.

Les prévenus contraignaient ces jeunes filles à la prostitution, parfois sous la menace d’une arme à feu.

Trad. de FREDI de l’art. original en allemand

 

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Deux adolescentes « en fugue » contraintes de se prostituer

Les policiers de la brigade de répression du proxénétisme (BRP) de la police judiciaire parisienne viennent d’interpeller trois jeunes hommes, originaires d’Emerainville (Seine-et-Marne), pour avoir contraint deux adolescentes « en fugue » à se prostituer dans un hôtel à Torcy. Les faits remontent au mois d’avril.

A l’époque, les deux jeunes filles, âgées de 14 et 16 ans, originaires des départements des Hauts-de-Seine et de Seine-et-Marne, tombent entre les mains de trois jeunes de la cité sensible du Clos d’Emery, connu aussi sous le surnom du «Bronx».

Elles sont rapidement contraintes à se prostituer. «L’un des complices passait des petites annonces sur Internet et une quarantaine de clients se sont succédés pendant cinq jours dans cet hôtel de Torcy dans lequel ces deux jeunes filles étaient retenues, confie une source policière. Les prestations sexuelles étaient tarifées entre 200 et 250 €. Ces deux adolescentes étaient toujours sous la surveillance de deux des trois proxénètes».

C’est la mère d’une des victimes qui a déposé plainte après le retour de sa fille au domicile familial. Identifiés, les trois proxénètes présumés, âgés de 19, 21 et 22 ans, déjà connus des services de police pour des faits de violences volontaires, port d’arme et détention de drogue, ont été interpellés dans la cité du Clos d’Emery par les enquêteurs de la BRP, épaulés par les policiers de la Brigade de recherche et d’intervention (BRI), de la police judiciaire de Versailles (Yvelines) ainsi que des CRS.

Deux des trois suspects ont reconnu les faits. Les trois ont été écroués.

LeParisien.fr, | Publié le 26.06.2014

http://www.leparisien.fr/faits-divers/torcy-deux-adolescentes-en-fugue-contraintes-de-se-prostituer-26-06-2014-3955227.php

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La « fugue » et les autorités

Du moins, telle qu’il serait souhaitable qu’elles traitent ce genre de disparition

Rappel:

La « fugue » d’un mineur, peut signifier :
• l’instabilité d’un comportement,
• une réaction à la frustration,
• la peur de réprimandes,
• la fuite devant la maltraitance,
• le refus d’une décision de garde,
• un appel à l’attention de l’entourage,
• une manifestation pathologique

  1. Différer la mise en œuvre de moyens d’investigation adaptés peut compromettre définitivement la résolution d’une disparition criminelle.
  2. L’accueil de la famille du « fugueur » doit être une exigence ; son caractère professionnel permet d’identifier si le contexte de vie du mineur permet de retenir davantage l’hypothèse d’une « fugue » ou d’une disparition inquiétante, et à ce titre d’orienter le dossier vers une stratégie adaptée. En cas de « fugue » le savoir faire du spécialiste va cibler les contacts les plus adaptés pour limiter celle-là, en circonscrire les effets pour le mineur et pour son entourage, et en traiter les conséquences par des orientations appropriées.Il faudrait dans la plupart des cas passer 2 à 3 heures avec les parents pour cerner la situation. Cet investissement en temps est d’un importance majeure ; elle ne peut être le fait que de personnels formés.
  3. Or la question de la « fugue » est une problématique qui dérange et qui ne reçoit pas toujours des réponses adaptées ; à ce titre il semble qu’à l’heure actuelle la proximité des familles avec les associations soit plus grande que celle qui s’instaure avec les services eux-mêmes.
  4. La notion de danger est inhérente au fait pour un enfant de quitter le lieu où il vit, même si le départ est volontaire. Or on constate que des paramètres liés notamment à l’âge, au sexe et… à la saison entrent de façon subjective dans la prise en compte de la situation : la disparition en été d’une jeune fille de 16 ans risque d’être banalisée  » parce qu’elle aura été rejoindre son petit ami  » par exemple.
  5. Il convient de rappeler qu’une disparition de mineur doit normalement être considérée comme inquiétante. Il n’est en effet pas nécessaire de se référer à son âge, à son état de santé ou aux circonstances de la disparition.

Disparition inquiétante
La notion de disparition inquiétante ne s’applique qu’aux mineurs et majeurs disparus dans des conditions laissant à penser qu’ils peuvent être victimes d’un crime ou d’un délit ou qu’ils sont susceptibles d’attenter à leurs jours.

Extraits de http://www.ladocumentationfrancaise.fr/var/storage/rapports-publics/044000041/0000.pdf

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Pas de statistiques en Suisse

Pas de statistiques en Suisse

La grande majorité des disparitions d’enfants dans le monde occidental sont le fait de mineurs quittant « volontairement leur domicile, institution ou famille d’accueil sans autorisation de leurs parents ou des éducateurs qui les remplacent. ». Ce genre de disparition est communément qualifié de « fugue », même si le terme n’a pas de reconnaissance juridique en Suisse.

Les « fugueurs » sont principalement des enfants entre 12 et 18 ans. Selon les études internationales (Glowacz, 2004 : http://orbi.ulg.ac.be/bitstream/2268/85342/1/FG-L’adolescent-en-fugue.pdf)

Selon les données de Child Focus (BE) 10% des jeunes « fuguent » plus d’un mois et plus la « fugue » est longue, plus le jeune a tendance à changer de refuge et à être exposé aux dangers de la rue.

La « fugue », de par ses conséquences, est incontestablement une prise de risque. L’adolescent doit être retrouvé dans les plus brefs délais.

 

Le retour ?

 Réfléchir sur les significations des « fugues » d’adolescents peut aider à renforcer la prise en charge des « fugueurs ». On trouve des réponses à ce propos sur ce site

Selon l’Office Fédéral des Statistiques (OFS), vivaient en Suisse, en janvier 2011,  610’166 enfants de 12 à 18 ans. Ainsi, le nombre de « fugues » en Suisse se situerait entre 6’712 et 53’084 par an ( !), nombres conséquents et non confirmés, car il n’existe aucune statistique nationale à ce sujet (OFS).

Les causes de la « fugue » sont analysées dans un autre document, mais il ressort clairement que la maltraitance est un facteur important, de même que la mise en institution. (Glowacz, 2004).

Les données sont unanimes : plus longtemps un mineur reste dans la rue, plus son intégrité physique et psychique est mise en danger.

Extraits de http://orbi.ulg.ac.be/bitstream/2268/85342/1/FG-L’adolescent-en-fugue.pdf