Extrait de

https://www.swissinfo.ch/fre/economie/vie-de-famille_l-adoption-en-suisse–un-mod%C3%A8le-d%C3%A9pass%C3%A9-/43905330

Le boom des adoptions à l’étranger est passé. Aujourd’hui, les Suisses n’y ont pratiquement plus recours. Plusieurs raisons expliquent le phénomène.

Les Suisses pouvaient se permettre d’adopter à l’étranger

Les couples suisses se sont tournés vers la Corée, l’Inde, le Sri Lanka, la Colombie, la Roumanie, la Russie, l’Ukraine ou encore l’Ethiopie. Le nombre d’adoptions internationales a été relativement élevé en Suisse ces dernières années.

Mais les obstacles aux adoptions à l’étranger se sont multipliés. La Convention de La HayeLien externe stipule qu’un enfant peut être adopté à l’étranger seulement si aucun parent ne peut être trouvé dans son pays d’origine. Cette condition vise à empêcher la traite des enfants. En Suisse, cet accord est entré en vigueur en 2003. Les adoptions ont donc progressivement diminué, passant de 1583 en 1980 à 363 en 2016. Selon l’Office fédéral de la statistique, cette baisse résulte d’ajustements législatifs et de la Convention de La Haye.

La Convention de la Haye n’explique pas à elle seule le recul des adoptions en Suisse. Les enfants suisses disponibles sont également peu nombreux. En Suisse alémanique, environ 15 bébés par année sont donnés pour l’adoption. Et la raison est plutôt réjouissante: rares sont les mères suisses dans une détresse économique ou sociale telle qu’elles doivent abandonner leur enfant. La plupart d’entre elles sont de très jeunes mères de culture étrangère explique l’organisation Pach (Pflege und Adoptivkinder Schweiz). De plus, le bureau responsable des adoptions dans le canton de Tessin affirme que la plupart des enfants suisses à adopter ont été donnés librement, et qu’il ne s’agit pas nécessairement de cas sociaux.

Selon Karin Meierhofer, de Pach, il est possible que le nombre d’enfants adoptés en dehors du cercle familial diminue encore. «Actuellement, les solutions deviennent de plus en plus flexibles.» Par exemple, les relations d’accueil remplacent les adoptions. «Aujourd’hui, les gens cherchent avant tout à trouver la meilleure solution pour l’enfant». Du point de vue de l’enfant, il s’agit d’un grand pas en avant poursuit-t-elle.

2018