et premier Foyer pour hommes battus

Un projet, resté inconnu jusqu’à ce jour en Romandie

Les hommes, devenus sans foyer suite à une séparation ou à un divorce, trouvent un toît au Fischbeiz, pour eux et pour leur/s enfant/s.

   Et un deuxième projet, tout récent, du VEV

C’est une maison équipée d’une cuisine, d’une salle de séjour et de 5 chambres à coucher, située dans le canton d’Argovie et qui accueille, dès le 10 décembre 2009, les hommes victimes de violences conjugales.Cette maison répond au nom de  «ZwüscheHalt» (une halte, en attendant mieux) et qui se qualifie comme le premier projet de ce genre en Suisse.

La maison pour les hommes du divorce a une situation privilégiée: Au milieu du village d’Erlenbachs, à 50 mètres du débarcadère, quasiment au bord de l’eau,  Elle porte le nom de  «Restaurant Fischstübli», parce qu’il y avait là un petit bar à poissons. C’est là, dans cette vieille maison, que les pères fraichement divorcés ou séparés peuvent se réfugier et y séjourner quelques jours ou quelques mois, voire un semestre, jusqu’à ce qu’ils trouvent un autre nid, bien à eux. La maison offre, sur deux étages, 5 chambres et une cuisine, dans une ambiance réchauffée par la présence de beaucoup de bois.

La maison des divorcés est un projet pionnier en Suisse et probablement pas seulement en Suisse.Son fondateur est le pasteur d’Erlenbach, Andreas Cabalzar. Comme tous ses projets, celui-ci relève du salut des âmes. En été, il a coaché 4 pères séparés, dont un homme de 40 ans dont l’épouse est tombée amoureuse d’ un autre homme. Cabalzar: «Cet homme n’avait rien remarqué, il se sentait trahi, avait honte. D’un jour à l’autre, il perdit sa femme, ses deux enfants et sa sécurité économique. » Après avoir ressenti les premières velléités d’agression envers le concurrent, il devint dépressif et suicidaire et atterrit en clinique. Ce sont des hommes comme celui-ci que le Fischstübli veut accueillir.

Ils cherchent un soutien moral 

Cabalzar sait combien il est difficile, pour un homme, de chercher de l’aide rapidement. Comme pasteur, il est parfaitement légitime qu’il aille au-devant de ces hommes et leur offre un accompagnement. Il appelle cela un besoin de soutien moral.Il a contacté lui-même trois de ses pensionnaires que des connaissances avaient mis sur son chemin. Il respecte ceux qui ne veulent rien avoir à faire avec l’Église, mais « la plupart sont heureux que quelqu’un les prenne au sérieux quand ils parlent de leur souffrance ».Cabalzar gère le côté soutien de la Communauté. Les hommes ne disposent pas d’un bon réseau et courent le risque de l’isolement. Il voit donc d’un bon œil l’ouverture d’un bar au rez-de chaussée. C’est encore un sacré tabou dans le thème du divorce ou d’une séparation que les hommes peuvent avoir besoin d’aide et puis, le droit du divorce est actuellement plutôt en défaveur des pères. « Le « droit de visite » ne leur est pas accordé ou souvent différé » affirme   Andreas Baumann, directeur de l’office du conseil conjugal de Meilen.

Les enfants ont le droit de voir leur père

Cabalzar travaille étroitement avec cette Association, mi-étatique mi ecclésiastique. Alors qu’il s’occupe plutôt du soutien psychologique, Baumann gère le côté juridique, en tentant également de minimiser l’escalade du processus par la médiation et en proposant des solutions en accord avec le respect des droits de l’enfant. Le véritable drame se passe lors lors de la séparation, avant le divorce: » C’est là que la pression est maximale, c’est là que le sol s’effondre sous leurs pieds, dans un contexte de colère, de honte, d’agressivité et, oui, de violence. » Encore plus impressionnante que la situation financière, la plupart du temps difficile, est la perte de la famille. C’est pourquoi les enfants de ces pères  doivent pouvoir leur rendre visite.

Selon Cabalzar, 50 % des pères divorcés n’ont plus de contact avec leurs enfants après deux ans, et le fait que près de la moitié des mariages se terminent par un divorce prive le quart des enfants suisses d’un contact régulier avec leur père. Le pasteur est convaincu qu’avec son projet, il offre une solution à un problème de société.

Presque simultanément à l’ouverture du Fischstübli, une maison pour hommes battus offre 10 places d’accueil. A Erlenbach, les hommes battus peuvent aussi y trouver refuge, car cette thématique-là est encore plus taboue et décourageante que le fait d’être rejeté, selon Baumann.

Des confirmands ont assaini la Maison

Comme pasteur, Cabalzar sait comment activer son réseau paroissial et communal de façon non bureaucratique avec peu de ressources et donner à son projet une réalité. Il a obtenu un loyer avantageux du nouveau propriétaire des lieux et d’anciens confirmands l’ont assainie; un apprenti menuisier de 3ème année a dirigé les travaux de cette maison abandonnée et vide durant huit ans. Les 6000 francs  octroyés par l’Église suffisent pour la phase pilote de 18 mois. Avec la location payée par ceux qui s’y réfugient, Cabalzar veut concrétiser son projet d’une plus grande maison avec sa propre responsabilité.

(Tages-Anzeiger), Par Michael Meier. actualisé le 07.12.2009

Traduction de FREDI

 

Second projet

Il se trouve dans le canton d’Argovie, offre une cuisine, une salle de séjour et 5 chambres à coucher pour des hommes victimes de violences conjugales et ce dès le 10 décembre 2009. Il s’appelle le «ZwüscheHalt» (Halte intermédiaire) et se décrit comme la première Maison de ce genre en Suisse (das erste Männerhaus der Schweiz). Le Mamablog a interrogé l’initiant de ce projet, Olivier Hunziker, pour savoir si le sexe dit fort va vraiment si mal qu’il doit se réfugier quelque part.

Monsieur Hunziker, vous attendez-vous à ce que de nombreux hommes aux yeux tuméfiés et au nez ensanglanté arrivent ici avant Noël?

Oliver Hunziker: Au début, nous n’attendons pas la foule et pas non plus des nez ensanglantés, mais bien des coeurs déchirés. Il faut beaucoup de courage aux hommes pour s’avouer qu’ils sont victimes de violences conjugales. Dans notre société, ils sont toujours considérés comme acteurs des violences. Même si les statistiques de la police zurichoise relèvent qu’une victime sur cinq de violences conjugales est un homme.

Et maintenant, vous voulez une Maison pour hommes parce qu’il existe des Maisons pour femmes?

Non. Nous voulons une Maison pour hommes parce que les hommes dans la détresse ont besoin d’un point de chute. J’en aurais eu besoin, à l’époque, lorsque je me suis séparé de mon épouse.Le VEV a intentionnellement pas dénommé ce foyer Maison pour hommes, car il n’exclue pas les femmes de façon catégorique. . Si on a la chance d’aider, faisons-le ou envoyons le couple chez un médiateur. En plus, l’adresse du «ZwüscheHalt» n’est pas maintenue secrète, contrairement à celles des Maison pour femmes.

Quel genre de victimes attendez-vous?

Avant tout des pères.Des pères, par exemple, auxquels un juge a donné l’ordre de quitter le domicile conjugal dans les trois jours, laissant derrière lui ses enfants et ses biens. Ils ne trouvent souvent rien pour se loger dans ce court laps de temps et en tout cas pas dans la proximité de ses enfants. Nous attendons également des hommes qui ne supportent plus le terrorisme qui règne chez eux, mais qui sont restés pour leurs enfants. Nous offrons un toit, des conseils et de l’aide, pour eux-mêmes et pour leurs enfants.

Responsables de rapts parentaux?

Lorsque des mères disparaissent dans des foyers pour femmes avec leurs enfants, il semble bien qu’il s’agisse de rapts d’enfants, pourtant sans conséquences..On verra si les hommes peuvent bénéficier du même droit, à savoir se protéger avec leurs enfants. Je compte bien sur des visites de police. Le  «ZwüscheHalt» est juridiquement en ordre, nous sommes sûrs d’avoir le droit pour nous.

Avez-vous dû  prévoir des aménagements?

Oui. Les chambres à coucher des enfants et celles des pères sont à des étages différents.Si une mère qui se réfugie avec son enfant dans un Foyer pour femmes et dort dans la même chambre que son enfant, personne n’y trouvera à redire.Si nous faisons de même avec les pères et leurs enfants, des allégations d’abus  feraient bientôt la Une des journaux.

Qui s’occupe de ces pères?

Une personne est engagée à plein temps. Elle ne dirige pas seulement la maison, mais veille à ce que le ménage soit tenu. Il s’agit de l’un de nos meilleurs conseillers pour pères. A côté de lui, nous avons une équipe de professionnels, comme des psychologues, des médecins, des pasteurs.

Et qui paie les factures?

Le VEV peut assurer environ 10000 francs par mois durant la première année, somme dégagée des cotisations des membres et de différents dons. Au contraire des Foyers pour femmes, notre Foyer ne reçoit aucune subvention, ni des offices d’aide aux victimes, ni de l’office pour l’égalité homme-femme. Nous avons, bien entendu, la volonté de changer cela.

ZwüscheHalt, 079 645 95 54, info@zwueschehalt.ch; www. zwueschehalt.ch

Tages Anzeiger