Un suspect arrêté 14 ans après la mort de Katrien De Cuyper (relâché depuis)

Un homme a été arrêté lundi dans le cadre de l’enquête sur la disparition et la mort de Katrien De Cuyper, une adolescente de 15 ans qui avait disparu le 17 décembre 1991 et dont le corps sans vie avait été retrouvé par hasard, le 19 juin de l’année suivante, lors de travaux d’excavation dans le port d’Anvers, a-t-on appris jeudi auprès du parquet anversois.

Selon le parquet, il y a des indices sérieux qui tendent à prouver que le suspect est impliqué dans la disparition et la mort de la jeune fille. Il comparaîtra vendredi devant la chambre du conseil qui doit se prononcer sur son maintien en détention préventive. Katrien De Cuyper, originaire de Brasschaat, avait disparu le 17 décembre 1991, après avoir rendu visite à des amis. Elle avait raté son bus du retour et donné deux coups de téléphone à ses parents depuis le café Les Routiers, à l’Ijzerlaan, à Anvers, pour les prévenir de son retard. Elle n’était jamais rentrée chez elle.

Le 19 juin 1992, son corps sans vie avait été retrouvé sur un terrain à l’abandon, près du Tijsmanstunnel. Elle avait été étranglée. L’autopsie avait révélé à l’époque que la jeune fille avait été tuée peu après sa disparition. L’état du cadavre n’avait cependant pas permis d’établir si elle avait été victime d’abus ou de sévices sexuels. Pendant des années, l’enquête est restée dans une impasse. Elle n’a redémarré qu’à l’occasion d’une autre enquête menée par le parquet de Malines, où le suspect est connu pour des faits de harcèlement et possession de matériel pédopornographique.

Lors d’une perquisition à son domicile, les enquêteurs ont retrouvé une boîte contenant des coupures de presse concernant l’auteur anonyme de plusieurs lettres adressées aux parents de la victime et au magazine Blick. « Une analyse ADN a permis d’établir que le suspect est l’auteur de ces lettres », qui ont été écrites peu après la découverte du corps de la victime, a déclaré Eva Herreman, porte-parole du parquet d’Anvers. L’auteur des lettres y écrivait qu’il avait pris la jeune fille le 17 décembre 1991 sur l’IJzerlaan, à Anvers, et qu’il aurait été le dernier à l’avoir vue en vie. Il décrivait avec une grande précision ses derniers moments avec elle et affirmait qu’elle était encore en vie quand il l’a déposée.

« Sur base du contenu de ces lettres et de la manière dont celles-ci ont été écrites, les enquêteurs de la police fédérale pensent que le suspect en sait plus sur la disparition et l’assassinat de Katrien De Cuyper », a indiqué la porte-parole du parquet. « Il a d’abord nié être l’auteur des lettres, jusqu’à ce qu’il soit confronté aux résultats de l’analyse ADN », a-t-elle poursuivi. Il continue toutefois de nier toute implication dans la disparition et la mort de la jeune fille, a-t-elle ajouté, précisant que l’enquête se poursuivrait « très intensivement ».

7SUR7, 10 .2008.